En sortant, de leur propre volonté, du système d’aide alimentaire européen, les épiceries sociales et solidaires (au total 750 structures sur l’ensemble du territoire) se sont peut-être mises en danger.
Refusant le principe imposé, début 2014, par l’Union européenne, de gratuité de l’aide alors que leur modèle repose sur la contribution, même modeste, du bénéficiaire (environ 20 % de la valeur du don), les principaux réseaux des épiceries se sont tournés vers le gouvernement, qui leur a accordé une enveloppe exceptionnelle.
Le premier versement du Crédit national des épiceries sociales (CNES) est ainsi attendu pour les derniers jours de mai 2014.
Moyens à la baisse – « Mais le compte n’y est pas : les 8 millions d’euros débloqués ne correspondent pas à la valeur des denrées que nous attribuait l’Union européenne. Nous nous préparons donc à une baisse du volume de l’aide proposée », analyse Guillaume Bapst, directeur de l’Association nationale de développement des épiceries sociales (ANDES), tout en reconnaissant que cette situation n’est pas une surprise : « nous savions que l’Etat français ne pourrait pas nous donner davantage ».
Période périlleuse – Aujourd’hui, le risque est que des structures, sous la pression d’une demande croissante du public, abandonnent le modèle des épiceries sociales pour pouvoir prétendre, à nouveau, à l’aide européenne.
En France, environ 3 millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire. Mi-mai, des banques alimentaires ont organisé, pour la première fois au printemps, des appels aux dons afin de venir en aide à des structures en difficulté de trésorerie.
L’ANDES maintient, elle, son choix, de « donner peut-être moins, mais des denrées sélectionnées selon nos critères de qualité. En étant libres de nos achats, nous pouvons soutenir des réseaux locaux de production de produits frais. Sans oublier que la participation du public nous permet de financer des actions d’insertion sociale ».
Même périlleux, ce passage du système européen au système national pourrait être une occasion de « réinventer l’aide alimentaire », avance Guillaume Bapst.
Lors de l’annonce de l’attribution de crédits nationaux, le gouvernement, en la personne de Marie-Arlette Carlotti, ex-ministre déléguée en charge de lutte contre l’exclusion, s’était engagé à « accompagner les structures pour les aider à faire face à l’afflux de nouveaux publics ».
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