S’appuyant sur le travail de terrain de ses comités de soutien auprès des familles roms, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a rédigé un guide, intitulé « Les Roms ont des droits », spécifiquement destiné aux collectivités locales qui font face à l’installation d’un bidonville ou d’un squat sur leur territoire.
« Trop de procédures d’évacuation sont engagées dans l’urgence, exacerbant la stigmatisation dont souffrent ces familles et ne faisant que déplacer la situation d’une commune à une autre. Des moyens administratifs, judiciaires, policiers et financiers importants sont déployés sans vrais résultats. D’autres options sont possibles, efficaces et durables, en commençant par l’accès aux dispositifs de droit commun », explique Philippe Goossens, référent sur les discriminations faites aux Roms de la LDH.
Cas concrets – Tout en souhaitant rappeler « les obligations et les devoirs de chacun », la ligue précise qu’elle ne nie pas la « difficulté » du travail qui incombe aux agents et aux élus et qu’elle souhaite travailler avec les acteurs locaux, avec qui le dialogue peut être tendu lors des évacuations, dans un « climat apaisé ». Le guide propose des plans d’action, étayés du bilan d’expériences concrètes (A Bordeaux, Grenoble ou encore Strasbourg), « qu’elles aient atteint leurs objectifs ou qu’elles se soient soldées sur un échec », sur les thèmes suivants :
- Etablir le dialogue,
- Créer un lien avec les associations,
- Apaiser les relations avec les riverains,
- Etablir des partenariats avec l’ensemble des acteurs et coordonner leurs interventions,
- Etablir un diagnostic approfondi.
Si la ligue espère bien compter, avec la diffusion de ce guide, davantage de collectivités volontaristes dans l’insertion sociale des familles Roms, le climat général ne lui semble guère porteur : « Des communes sont actives, de grandes villes comme Lille et Lyon, mais elles ne peuvent pas mettre en place des projets ambitieux sans le soutien des préfectures, par exemple sur la question de l’accès au logement d’urgence, qui, actuellement, ne répondent pas présentes. Le discours de rejet de Manuel Valls, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, a eu des conséquences ».
Références
Les Roms ont des droits, Guide à l’usage des collectivités territoriales et des acteurs locaux, LDH, mai 2014
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