La priorité de l’Education nationale porte « sur les apprentissages fondamentaux » (« lire, écrire, parler correctement la langue française, compter, calculer, composer et décomposer les nombres en mathématiques »), mais « l’école ne peut ignorer l’importance du numérique qui intervient aujourd’hui dans toutes les disciplines », explique Benoît Hamon.
Selon lui, « la question n’est plus de savoir s’il faut apprendre l’informatique et son langage, mais de savoir comment, pour quels usages, et à quelle étape du cursus le faire ».
Il annonce que « dès septembre », il favorisera « en primaire une initiation au code informatique, de manière facultative et sur le temps périscolaire. Nous avons lancé le 19 juin un appel aux associations pour structurer une offre nationale », ajoute-t-il.
« Cette initiation devrait être inscrite dans les programmes du second degré », précise le ministre, qui considère que « certains professeurs pourraient, plus naturellement que d’autres, être des pédagogues du code : les professeurs de technologie et de mathématiques ».
Un tiers des écoles n’ont pas le haut débit – Le ministre annonce également que « dès septembre, nous relierons au haut débit par voie hertzienne 9.000 écoles situées dans les zones non reliées à la fibre ». Il rappelle que « 16.000 écoles, sur les 54.000, n’ont pas accès à l’Internet haut débit ».
« Nous lançons par ailleurs, avec Arnaud Montebourg, un grand programme en faveur de la filière industrielle française du numérique éducatif », ajoute-t-il, précisant que 70 % des élèves du primaire et de collège et 100% des enseignants » seront équipés « à l’horizon 2020 en PC-tablettes dotés de ressources pédagogiques numériques ».
« Si maîtriser le français est indispensable pour penser, formuler un jugement, s’exprimer et communiquer, les mathématiques comme l’informatique sont d’autres formes de langage, qui apprennent la logique, facilitent la manipulation de concepts », insiste M. Hamon, qui estime que le numérique « favorise l’interaction au sein de la classe, stimule la participation de tous, y compris de ceux qui restent en retrait ».
Camp politique oblige, l’annonce a reçu une réaction critique de la part de Laure de la Raudière, députée (UMP auteure avec Corinne Erhel (PS) d’un rapport sur le développement de l’économie numérique qui préconise l’éveil au code “dès l’école primaire, et de rendre obligatoire l’enseignement de l’informatique dans le cycle secondaire” :
La mise en place du « coding à l’école » d’ici le 1er sept, faut pas rêver, @benoithamon : quel contenu, avec quel matériel et avec qui?
— Laure de La Raudière (@lauredlr) July 13, 2014
Ces annonces ont suscité bien d’autres réactions faisant écho aux interrogations de Laure de la Raudière. Un débat sous fond de lobbying du secteur qui fait face à un marché globalement en tension et donc en défaveur du patronat.
Coucou les lobbys ! Avez-vous vu les beaux hochets que @benoithamon vous a présentés ce matin ? #code — Michel Guillou (@michelguillou) July 13, 2014
En quoi l’ apprentissage du code va -t-il aider l’ élève à devenir un citoyen des internets? @benoithamon @michelguillou 3/3
— Lysis (@lysistrata64) July 13, 2014
Programmation = orthographe + grammaire + logique + créativité, mais PEU de maths ! http://t.co/453qBhK09E #éducation via @leJDD @pbeyssac
— Martin Korolczuk (@martin1975) July 12, 2014
Le code avait déjà fait son entrée à l’’école dans les années 80 dans le cadre du plan informatique pour tous, un programme d’équipement-soutien à la filière informatique française et de formation.
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