Quelles-sont vos craintes ?
Les informations que nous avons pu obtenir dessinent plusieurs scénarios, dont un nous inquiète tout particulièrement. Il nous fait craindre une homogénéisation dangereuse, qui plus est non concertée, des diplômes. La précédente réforme de 2004 avait déjà engagé cette uniformisation dont les jeunes professionnels ont dû essuyer les plâtres. Sous prétexte de simplification, l’assistant social laisserait place à un travailleur social spécialisé en accompagnement social ; l’éducateur spécialisé au travailleur social spécialisé en accompagnement éducatif, etc…
Cette évolution aboutirait à la suppression pure et simple des diplômes actuels et entraînerait une confusion des rôles en posant le principe de professionnels interchangeables alors même que nous tenons à travailler dans la complémentarité. Les étudiants en travail social ont déjà accès à des modules de formation transversaux qui leur permettent d’acquérir un tronc commun de connaissances tout en gardant la spécificité de leur métier.
Et qu’adviendrait-il du statut de profession réglementée (1) de l’assistant de service social ?
Elle serait alors remise en cause et ce serait méconnaître la raison d’être de cette spécificité. La réglementation, qui comporte la notion de secret professionnel, vient garantir l’intérêt général. Avec cette réforme, la garantie d’une qualité d’accompagnement et d’un professionnalisme ne serait plus assurée par l’Etat aux personnes rencontrant un assistant social. Les défenseurs de la dérèglementation avancent l’argument du soutien à la mobilité des professionnels qui pourraient, selon eux, travailler plus facilement dans d’autres pays européens, ou de professionnels étrangers qui auraient la possibilité d’exercer en France, mais cette mobilité ne concerne qu’un tout petit nombre de personnes.

