Deux ans après avoir été proclamée chantier national prioritaire par le Premier ministre, la politique d’hébergement devrait enfin être réformée. Benoist Apparu, le secrétaire d’état au logement, a annoncé le 10 novembre la refondation de cette politique, qui doit être enfin un véritable service public.
Dénoncé par l’ensemble des acteurs, l’éparpillement des structures d’accueil, la méconnaissance des besoins et de l’offre d’hébergement devraient enfin être résolu par la mise en place d’un opérateur unique pour l’accueil, l’orientation des sans domicile fixe, la gestion du 115 et de l’ensemble des places d’hébergement d’urgence, à compter du mois d’avril 2010.
En Ile-de-France, dès le 1er décembre, le 115 devra assurer cette centralisation.
Un référent personnel sera également affecté à chaque personne accueillie en structure d’hébergement, reste à voir si les moyens humains suffisants seront mis en place pour assurer ce suivi. De plus, les logiciels indispensables à cette centralisation pourraient nécessiter jusqu’à 18 mois de développement
Adapter l’offre
Un second volet de mesures vise à mieux adapter l’offre aux besoins, via notamment les plans départementaux d’accès au logement des personnes défavorisées. De plus, un référentiel prestations-coût des structures d’hébergement, inexistant jusqu’à aujourd’hui, va être élaboré avec les associations, ce qui permettra aussi une meilleure visibilité financière sur le budget de l’hébergement.
Enfin, la gestion des contingents préfectoraux de logements devrait être relancée : «nous perdons entre 5.000 et 10.000 logements par an du fait de sa mauvaise gestion», a relevé le secrétaire d’Etat. Entre le contingent préfectoral et les 25% du contingent du 1% logement qui doivent être affectés au public Dalo, 10 à 15.000 logements sociaux supplémentaires pourraient être dégagés en Ile-de-France chaque année.
Six millions d’euros sont affectés à la mise en oeuvre de ce plan, un budget plutôt réduit au regard de l’étendue et de l’urgence des besoins.




