Dans un univers économique morose, doublé d’une forte volonté d’ouvrir au plus grand nombre d’enfants les pratiques de la culture, l’enseignement artistique spécialisé et l’éducation artistique et culturelle deviennent des questions largement débattues par les communes.
Les collectivités, qui financent les trois quarts de la dépense globale, pourront-elles continuer à soutenir deux dimensions d’action culturelle et d’enseignement artistique spécialisé de service public ?
De nombreux maires se posent la question du financement de leurs structures, qui, il faut bien l’avouer, ne touchent pas un public d’usagers représentatif de leur population. Concrètement, une commune qui dépense entre 1 et 10 millions d’euros de budget de fonctionnement annuel, pour 500 à 2 000 élèves dans son établissement d’enseignement artistique spécialisé, se pose la question d’un développement plus porteur grâce à une politique d’éducation artistique et culturelle qui pourrait, avec les mêmes moyens, toucher la plupart des enfants de son territoire, soit, selon les situations, environ dix fois plus d’enfants.
Ethique qualitative – L’argument majeur des professionnels du secteur est celui du contenu. Cet enseignement s’adresse, certes, à un nombre restreint d’usagers mais il s’engage sur une durée plus longue et avec une éthique qualitative supérieure alors que l’éducation artistique et culturelle reste dans l’univers initiatique, avec la mise en œuvre d’activités de courte durée (un à trois trimestres scolaires).
Toutefois, devant des situations budgétaires tendues, doublées de nouvelles prescriptions contraignantes de l’Etat avec, notamment l’aménagement des rythmes scolaires, combien de villes vont être tentées de réorienter leur politique culturelle en délaissant leur action d’enseignement artistique spécialisé au profit de celle d’éducation artistique et culturelle ?
De toute évidence, l’enseignement artistique spécialisé dispensé aujourd’hui par les écoles et conservatoires territoriaux, notamment avec ses phases coûteuses d’apprentissage individualisées, résistera en l’état à cette nouvelle volonté politique de démocratisation et de développement de l’éducation artistique et culturelle, ouverte au plus grand nombre d’enfants.
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