Dans son livre intitulé « Les trois mondes de l’Etat providence », Gosta Esping-Andersen distingue, selon leur capacité de « démarchandisation », les droits automatiques et les dispositifs soumis à évaluation de la situation particulière du demandeur, bénéficiaire potentiel d’une aide ou d’une allocation.
Afin de simplifier le millefeuille et de rendre plus lisible le dispositif d’action sociale, il serait temps de regrouper tous les services qui évaluent les situations individuelles, pour tout ce qui ne relève pas de droits automatiques forfaitisés. Sur la base de ce que sont actuellement les services sociaux des départements, de loin les plus importants en nombre et capacité de traitement de situations diverses, un service unifié pourrait être créé. Son rattachement à un niveau différent de celui actuel n’est pas un souci majeur pour peu que la légitimité démocratique soit respectée.
Polyvalence de secteur – L’organisation qui pourrait être mise en place, par exemple par de grandes régions, devrait de toute façon tenir compte de la proximité des bassins de vie afin de rester efficace.
Par contre, il est essentiel de conserver la cohérence interne de l’action sociale autour de la « polyvalence de secteur » en lien direct avec la gestion des dispositifs. Il serait contreproductif de séparer la protection de l’enfance, l’insertion et l’autonomie des personnes handicapées ou âgées. Autre proposition connexe : le principal gain d’efficience peut venir de la possibilité de rassembler, sous une seule autorité et de préférence la même, la gestion du secteur médicosocial.
Il resterait à définir le partenariat avec le sanitaire géré par les agences régionales de santé. Une simplification deviendrait possible de toutes les participations et répartitions de compétences « en dentelles » que seuls les spécialistes parviennent à déchiffrer entre hébergement et dépendance pour les personnes âgées, enfants et adultes pour les personnes handicapées, plus ou moins de trois ans pour l’hébergement d’urgence des mères avec enfants…
Il ne faut pas leurrer les citoyens contribuables : il n’y a pas d’économies significatives à attendre des modifications en réflexion dans ce domaine d’activité des départements. Sauf à réduire la solidarité envers nos concitoyens les plus en difficulté.
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