Place Edouard Herriot, à quelques mètres de l’entrée de l’Assemblée nationale, des tentes rouges rappellent les grandes heures de la mobilisation des Don Quichotte sur le canal Saint-Martin. Sept ans plus tard, les besoins en hébergement d’urgence, comme la précarité, « n’ont fait que s’aggraver », souligne Florent Guéguen, directeur général de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), l’une des 34 associations membres du Collectif des associations unies qui a exprimé sa colère ce jeudi 2 octobre, en tenant une conférence de presse sur le pavé.
Avertissement – A un mois de l’entrée dans la période hivernale et alors que, selon les observations des associations, les demandes d’expulsion s’accélèrent, le collectif a exprimé différentes demandes :
– L’établissement d’un « plan d’urgence » à l’Etat et aux collectivités territoriales pour, notamment, que cesse l’orientation des sans-logement vers l’hébergement hôtelier. Selon les chiffres du baromètre 115 estival de la FNARS, ce mode d’accueil a progressé de + 85 % entre l’été 2013 et l’été 2014, avec, pour Paris et la première couronne, une dépense estimée à 160 millions d’euros en 2014. « Dans le même temps, le budget alloué aux CHRS a, lui, diminué », a souligné Florent Guéguen. Une étude du Samu social de Paris, diffusée mercredi 1er octobre, sur les conditions de vie des familles hébergées en Ile-de-France (28 000 personnes ), révèle une situation humanitaire et sociale inquiétante, particulièrement en ce qui concerne la santé et la scolarisation.
– L’engagement du gouvernement d’assurer la continuité des parcours de mise à l’abri, pour « qu’au sortir de l’hiver, les personnes accueillies ne soient pas remises à la rue ». Si le gouvernement ne s’engage pas dans cette voie, qui marquerait la fin de la gestion au thermomètre de l’hébergement d’urgence, les associations membres du collectif « pourraient ne pas participer aux plans hivernaux », a averti Florent Guéguen. Pour l’heure, l’étude du budget 2015, tel qu’il a été présenté, ne « donne aucun signe de cet engagement auprès des plus fragiles ». Egalement, « l’annonce de la diminution des dotations aux collectivités est une source d’inquiétude », a ajouté le directeur général de la Fnars.
Une seule députée –Seule une parlementaire, Barbara Romagnan, (PS), de la première circonscription du Doubs, avait répondu à l’appel du collectif qui proposait aux députés de signifier leur engagement pour le logement des plus fragiles. Elle s’engage à « soutenir les mesures du projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte (actuellement en débat à l’Assemblée) qui permettraient de lutter contre les passoires énergétiques, le plus souvent habitées par les plus modestes ».
Des premières réponses pourraient venir de la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logées (Dihal), qui a été chargée, début septembre 2014, par la ministre au Logement, Sylvia Pinel, de « faire rapidement des recommandations pour rendre effective la fin de la gestion au thermomètres », dans le cadre du groupe de suivi association les administrations centrales, les représentants des collectivités et le secteur associatif




