Environ cinq millions de fonctionnaires sont appelés à une grève nationale par la CGT, Solidaires et la FSU, la CFDT et l’Unsa ne se joignant à eux que dans l’enseignement et l’Equipement.
Environ 120 manifestations sont organisées, le plus souvent le matin en province, dont trois grandes à Paris, Lille et Toulouse, a déclaré Jean-Marc Canon, secrétaire général des fonctionnaires CGT.
Le pouvoir d’achat des fonctionnaires a perdu 8% en dix ans et sur l’emploi, le gouvernement refuse de négocier, a dit M. Canon.
Fonction publique territoriale et RGPP
La fonction publique territoriale sera mobilisée contre les projets visant à limiter les recrutements des communes à des personnes sans statut de fonctionnaire, vulnérables aux pressions des élus, a souligné la CGT.
Les réformes en cours, qui verront les DDE, DDASS et autres services départementaux de l’Etat regroupés partout en deux ou trois grandes directions inquiètent tout particulièrement à l’Equipement et à la Répression des fraudes. A Pôle Emploi, les agents franciliens sont appelés à la grève.
Education Nationale et SMA
Les appels à la grève seront nombreux dans l’éducation, avec même un préavis national de la CFDT pour le privé. Dans le primaire public, près de 20% des enseignants (selon le ministère) et 33% (selon la FSU) entendent faire grève.
Dans un communiqué, le syndicat prévoit des grèves fortes dans les Alpes-Maritimes (62 %), en Lozère et Pyrénées-Atlantiques (60 % dans ces deux départements), dans la Creuse, la Meurthe-et-Moselle, le Tarn, la Loire-Atlantique, la Nièvre ou les Yvelines (50 % dans chacun de ces départements).
Les estimations émanant des 54 départements représentent 58 % de la profession, précise le SNUipp.
Le ministre de l’Education Luc Chatel a affirmé que moins de 20 % des enseignants des écoles devraient être en grève, sur la base des déclarations préalables de grève rendues obligatoires par la loi sur le service minimum d’accueil.
Lors de la précédente journée de grève dans le primaire, le 24 novembre 2009, M. Chatel avait annoncé la veille que 20 % des enseignants des écoles s’étaient déclarés en grève. Le ministère avait établi le jour même un taux de 13,39 % de grévistes. Le SNUipp-FSU en avait alors prévu 31 %.
Fonction publique hospitalière
De son côté, la fonction publique hospitalière va s’exprimer alors que les pétitions contre les suppressions de postes se multiplient, que des hôpitaux, ont connu de longues grèves et qu’une manifestation est prévue le 26 janvier contre la création d’un ordre infirmier, selon M. Canon.
Réduction des effectifs : « on ne peut pas faire autrement » selon Eric Woerth
Le ministre de la Fonction publique Eric Woerth a reconnu devant l’Assemblée nationale le 20 janvier que 100.000 emplois de fonctionnaires ont disparu depuis 2007, mais cité des administrations d’autres pays fonctionnant avec moins de fonctionnaires, avec une bonne qualité de service public.
Le ministre de la Fonction publique Eric Woerth a affirmé le 19 janvier ne pas pouvoir faire autrement que de réduire les effectifs de la Fonction publique, qui ont diminué de 100.000 depuis 2007, ajoutant qu’il fallait conserver notre service public et réformer notre service public. Il doit être à la fois moins coûteux et plus performant.
Il y a trois organisations syndicales sur huit qui appellent à la grève. Elles estiment qu’il y a des problèmes d’emplois dans la Fonction publique, nous on estime qu’il faut diminuer les effectifs de la Fonction publique, avait expliqué le ministre sur France 2 le 19 janvier.
Selon lui, on négocie sans arrêt avec les organisations syndicales. On négocie et plus que ça, on transforme la Fonction publique, a insisté M. Woerth, précisant que les organisations syndicales ne sont pas toujours d’accord, mais le dialogue social est extrêmement important et dense.
Des propos contestés par l’Union syndicale solidaires, le 19 janvier. Il n’y a jamais de négociation sur les suppressions d’emplois et sur les réformes qui mettent en danger les missions et l’exercice de ces missions de services publics, a déclaré le syndicat dans un communiqué.
Le ministre prétend négocier et dialoguer, mais les annonces sur le nombre de suppressions d’emplois sont connues au moment de la sortie du projet de loi de finances et nul retour en arrière n’est envisagé, a-t-il affirmé.
Les dossiers de réformes sont présentés, certes à l’occasion de multiples réunions en tout genre, mais tout est déjà cadré et un retour en arrière présenté comme quasi-impossible, est-il ajouté dans le texte.
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