Suite au vote de la loi Lamy en février 2014 qui devrait se concrétiser sur le terrain en janvier 2016, la géographie prioritaire de la politique de la ville a d’ores et déjà été recalibrée sur 1 300 quartiers. Dans le « portrait social » que l’INSEE livre chaque année de la France, une étude dévoile les premières statistiques disponibles sur ces nouveaux quartiers prioritaires concentrant une part importante de populations à bas revenus.
Lus au niveau national, ces nouveaux chiffres – collectés avant les allers-retours entre l’Etat et les collectivités sur les contours précis des territoires prioritaires – nous apprennent que la population ciblée par cette nouvelle politique de la ville est, dans l’ensemble, « plus jeune que dans les anciennes zones urbaines sensibles (ZUS), confrontée à des situations économiques et sociales plus dégradées, que traduisent des parts de familles monoparentales ou nombreuses et d’allocataires chômage plus élevées qu’ailleurs. L’habitat social reste, dans ces quartiers, largement dominant. »
Spécificités régionales – Il est, toutefois, nécessaire de se pencher sur les spécificités régionales. Si en région parisienne et dans l’Est, les quartiers prioritaires se distinguent par la part importante de logements HLM accueillant des familles nombreuses, ceux de la moitié Nord ou proches du littoral atlantique se distinguent par la primauté des quartiers situés en centre-ville et la concentration de familles monoparentales. Les territoires de la politique de la ville situés dans le Sud de la France abritent, pour leur part, une population plus âgée, mais aussi plus mobile.
La cartographie de ces quartiers permet de s’apercevoir que les équilibres géographiques sont maintenus, et que les grandes agglomérations (Paris, Lille, Lyon, Marseille) concentrent toujours la grande majorité des territoires urbains fragilisés ciblés par la politique de la ville. Environ 70% de la population ciblée par la politique de la ville habite dans une agglomération d’au moins 200 000 habitants. Et six communes sur sept figuraient déjà dans la géographie prioritaire précédente favorisant les quartiers de grands ensembles.
Pour autant, la politique de la ville ne peut plus seulement être réduite à une politique des banlieues. Ainsi, de plus en plus de quartiers populaires décrochent dans les territoires périphériques : le poids des régions Centre, Languedoc-Roussillon et Picardie dans l’ensemble de la politique de la ville « augmente fortement » estime l’INSEE.
D’ailleurs, comme le démontre le tableau ci-dessus, les habitants des nouveaux quartiers prioritaires vivent davantage que lors de la précédente dans des centres-villes dégradés que des banlieues composés de grands ensembles (sauf Ile-de-France).
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