Compassion et sentiment d’impuissance traduisent les réactions des élus de la commune d’Orly (Val de Marne), des cadres du conseil général, de la préfecture et des associations qui entourent les quatre familles R(r)oms qui ont perdus deux enfants lors de l’incendie, le 7 février 2010 du campement dans le quel ils vivaient depuis l’automne 2008.
Nous déplorons qu’il faille un tel drame pour que chacun commence à prendre ses responsabilités, déclare Odette Terrade sénatrice (PC) du val de Marne et conseillère municipale d’Orly. Elle explique qu’au bout de trois jours des solutions de relogement provisoire ont pu être trouvées pour ces familles occupant dans la commune un campement précaire depuis septembre 2008.
Après le drame, les vingt personnes habitant le bidonville sinistrés, hébergés par la commune dans un gymnase ont reçu le soutient de la cellule psychologique basée à l’aéroport d’Orly pour les réfugiés Haïtiens et mobilisée pour la circonstance par la préfecture. Dans l’attente de logements sociaux d’urgences gérés dans le cadre du 115, ils ont été installés dans des hôtels par la préfecture.
Préfecture du Val de Marne : La loi ne nous permet que d’envisager des solutions humanitaires et temporaires
Nous souhaitons que cet hébergement débouche sur des logements pérennes. Mais tant qu’ils n’auront pas obtenu les titres de séjours qui permettront de régulariser leurs emplois, leurs situations ne pourront se stabiliser, déclare la sénatrice en affichant sa proximité avec le collectif d’associations Romeurope 94. Pour l’instant nous ne pouvons travailler que sur des solutions temporaires car aucun n’a jusqu’à présent fait de demande de titres de séjours nécessaire pour les Roumains et Bulgares séjournant dans notre pays plus de trois mois dans le cadre des mesures transitoires valables jusqu’en 2013, qui accompagnent l’entrée de ces pays dans l’union européenne, justifie Emmanuel Mayer, en charge du dossier au secrétariat général de la préfecture du Val de Marne. Nous n’intervenons que lorsqu’il y a des plaintes et des décisions de justice, précise t-il pour expliquer les deux années de relative tranquillité de ces familles. Domiciliées par le CCAS de la commune, suivies par les services sociaux du conseil général, soutenus par des associations, entretenant de bonnes relations avec le voisinage, elles ne justifiaient aucune intervention des forces de l’ordre.
Pouvoirs limités des services municipaux
Dès qu’ils se sont installés sur un terrain communal, nous avons fait ce qui était en notre pouvoir pour les aider en scolarisant les enfants et en les accompagnant dans la recherche d’emplois dans les limites de la loi. Mais, bien qu’ayant 68% de logements sociaux, nous ne pouvions les loger décemment à la fois à cause du manque de logement et parce que leur statut administratif ne le permet pas. Par ailleurs nous avons engagé une procédure d’expulsion à cause de la dangerosité du campement. Mais le juge de première instance n’a malheureusement pas estimé que les risques étaient très grands puisqu’il leur a donné un délai d’un an pour trouver des logements, explique un collaborateur de Christine Janodet, Maire d’Orly. Touchée par le drame l’élue réclame une nouvelle fois que la préfecture organise une table ronde sur la question des Roms migrants. Les services de la préfecture qui considèrent que la loi ne leur permet que de traiter les problèmes au cas par cas, déclarent qu’une table ronde n’est pas à l’ordre du jour. Il faut arrêter avec l’hypocrisie des tables rondes et des déclarations. Tant que le gouvernement ne mettra pas fin aux mesures transitoires et ne s’attaquera pas sérieusement aux problèmes du logement et des bidonvilles qui ne concernent pas que les Rroms, des enfants seront victimes de drames, dénonce Saimir Mile, président de l’association la Voix des Rroms.
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