Réalisée conjointement avec Sodexo, l’enquête s’intitule « Rythmes éducatifs, radiographie d’une réforme ». Elle a recueilli un taux de réponses de 29% (210 répondants sur 705 personnes interrogées). Ses conclusions révèlent un tableau contrasté : la satisfaction le dispute à la sensation d’être en difficulté : 78% des répondants jugent la réforme « intéressante », mais 73% l’estiment « compliquée ».
Il existe une différence entre les communes parties en 2013 et celles qui ont lancé la réforme en 2014 : 75% des pionnières de 2013 qualifient cette rentrée de « sereine », alors que 86% des villes parties en 2014 ont un avis contraire, (laissant imaginer une sorte de « lissage » des difficultés au cours de la première année d’application).
Enfin les différences d’obédience politique éclatent au grand jour : les communes affichant une appréciation positive de la réforme sont à 86% des communes de gauche, celles réfutant la réforme sont à 73% à droite.
Organisation – Les communes ont choisi la concertation pour appliquer la réforme et 90% des répondants poursuivent d’ailleurs cette concertation aujourd’hui.
68% des répondants ont déployé un projet éducatif de territoire (66% en global, 2%, école par école). Avant la réforme, 48% des adhérents de l’ANDEV disposait d’un projet éducatif local : ces communes ont alors intégré le PEDT au cadre préexistant. Enfin en terme d’organisation de la semaine, 94% des communes ont choisi de placer les cours le mercredi matin, contre 4% le samedi.
Par ailleurs, 61% des répondants ont réduit la journée de 45 mn, (73% des communes de droite ont fait ce choix), 34% des collectivités ont augmenté la pause méridienne (42% des communes de gauche ont fait ce choix), 32% ont regroupé des sessions d’1h30/2h, 9% ont opté pour une après-midi libérée. Aucune collectivité n’a réduit le temps scolaire journalier et les vacances scolaires.
Les TAP ou NAP sont gratuites dans 71% des cas et payantes dans 23% des communes répondantes. Le coût moyen s’élève à 175 euros par enfant et par an. 63% des communes utilisent des salles de classe pour accueillir les activités, 36% s’en passent. Ce qui n’est pas sans tension : 74% des répondantes ont connu des négociations tendues pour utiliser les classes et 63% des collectivités ont rencontré des difficultés pratiques dans leur utilisation.
Impact sur la collectivité – En 2014, la fréquentation des accueils de loisirs a augmenté dans 40% des collectivités. Par ailleurs, 86% des répondants ont réorganisé leur services Enfance/education/jeunesse pour mettre la réforme des rythmes en oeuvre. Il s’agit d’un mouvement exhaustif, qui touche aussi bien les cadres que les personnels de terrain (62% des répondantes).
Dans 71% des cas, les services d’entretien ont subi des changements. Les plus importants concernent : les horaires (85%) et la redéfinition des fiches de poste et des missions (85%). La réforme a entraîné des embauches (78% des répondants) et une déprécarisation des agents de catégorie C (95%), principalement dans le secteur de l’animation (97%).
Mais les difficultés de recrutement des animateurs persistent pour 73% des collectivités. 7 villes sur 10 ont investi dans des formations : elles concernent, à 70%, les techniques d’animation, à 67% les activités des enfants, à 48% le BAFA et à 27%, la psychologie de l’enfant. Elles concernent, à 86%, les animateurs, puis, les ATSEM, à 54% et enfin, à 36%, les responsables périscolaires.
Y’a pas que les rythmes dans la vie ! – L’ANDEV refuse de réduire la refondation de l’école entreprise par le ministère de l’Education à la seule réforme des rythmes scolaires. Le réseau a donc également abordé quatre thèmes distincts, qui touchent tous, de près ou de loin, les collectivités. A savoir : la mise en place de parcours éducatifs, la refonte de l’Education prioritaire, les spécificités de l’école maternelle et la manière de favoriser le bien-être des enfants à l’école.
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