Soutien à l’exercice des responsabilités parentales, réinsertion des jeunes exclus et professionnalisation des métiers et coopération entre les acteurs. Tels sont les trois champs d’action prioritaires soulignés par un rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs et des jeunes majeurs, remis le 18 février au secrétaire d’Etat chargé de la Justice, Jean-Marie Bockel.
Le rapport, confié en novembre 2009 à Jean-Yves Ruetsch, responsable du « pôle prévention citoyenneté » à Mulhouse, ville dont Jean-Marie Bockel est le maire, présente 60 propositions, illustrées par 20 « bonnes pratiques de terrain ».
On peut faire mieux ensemble, le sujet mérite que tout soit remis à plat, a déclaré Jean-Marie Bockel qui souhaite proposer au Premier ministre, dans un délai raisonnable, des assises sur la prévention de la délinquance juvénile.
Le rapport « Ruestch » préconise notamment d’étendre les stages parentaux dans le cadre d’alternative aux poursuites, de créer, avec les conseils généraux, des mesures d’ « aide éducative à domicile jeunes majeurs » de soutien aux parents de jeunes majeurs (18-21 ans), d’encourager les mesures de réparation dans les établissements scolaires en cas de faute ou de manquement à une obligation, d’étendre les dispositifs de prise en charge des élèves en voie de rupture ou exclus de leur établissement, ou encore de favoriser l’accueil des mesures de travaux d’intérêt général par les collectivités.
Contrat local de sécurité
S’agissant du partenariat local, le rapport propose de doter chaque contrat local de sécurité d’un « plan local de prévention de la délinquance juvénile », d’améliorer le suivi partenarial des situations individuelles par une structure de coordination dédiée, ou encore de créer un nouveau métier d’ « éducateur de prévention de la délinquance » dans les quartiers prioritaires.
Parmi les « bonnes pratiques » citées dans l’enquête figurent un « accompagnement des familles et des jeunes face aux dérives liées aux nouvelles technologies » (Yvelines), un programme d’apprentissage en maternelle des règles de vie en société (Montréal), des médiations menées par des collégiens pendant la récréation (Issy-les-Moulineaux), ou la prévention du « risque alcool » via un « concours de cocktails sans alcool » (Mulhouse).
Quid des financements ?
Ce rapport intervient alors que le plan gouvernemental de prévention de la délinquance est entré en vigueur au 1er janvier 2010.
Interrogé par la Gazette sur les moyens de financement, parfois problématiques, des politiques de prévention sociale et éducative,le secrétaire d’Etat, Jean-Marie Bockel, s’est fait laconique. « Faire davantage, ce n’est pas forcément débloquer des moyens supplémentaires. En outre, a-t-il ajouté, entre départements, communes et intercommunalités, on peut trouver des financements ».
Références
Téléchargez le rapport Prévenir la délinquance, un enjeu pour demain

