Comment avez-vous accueilli l’adoption de cet article ?
Cet article est arrivé par surprise. D’ailleurs, de façon globale, l’examen du projet de loi sur portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) a été bien trop rapide alors que c’est un texte fondamental et que le partage des compétences sociales est un sujet essentiel. Nous avons été surpris, donc, et stupéfaits : cet article qui rend les CCAS facultatifs dans les communes de moins de 1 500 habitants va à l’encontre du contexte actuel de paupérisation, au moment où de plus en plus d’habitants ont besoin d’un accompagnement social de proximité. Rappelons que la France compte 32 000 communes de moins de 2 000 habitants, ce qui représente 24 % de la population. Quatre communes sur dix, toutes tailles confondues, confient l’ensemble de leur politique sociale au CCAS. On avait la désertification médicale, avec cet article, on ouvre la voie à la désertification de l’action sociale. Il y a un vrai risque d’inégalité territoriale !
Quel plan d’action avez-vous adopté ?
Nous avons déposé un amendement pour défendre l’existence de nos structures et allons prendre notre bâton de pèlerin afin de sensibiliser les parlementaires. Nous ne souhaitons pas rendre obligatoire un CCAS pour chaque petite commune et nous sommes pour une réflexion sur la rationalisation des moyens, mais il faut maintenir l’accès pour tous à une aide d’urgence en donnant la possibilité aux petites communes de se regrouper, au sein d’un CIAS, afin d’être en capacité de proposer ces services devenus indispensables. Je pense, par exemple, au portage de repas pour les personnes âgées ou isolées. Et l’UNCCAS est là pour accompagner les élus dans cette évolution. N’oublions pas que le CCAS, ce n’est pas seulement un équipement et une offre de services, c’est aussi un chef d’orchestre pour de nombreux partenaires, dont les associations.




