190 millions d’euros, c’est le montant du budget de l’hébergement en hôtel pour environ 40 000 personnes sans logement, un budget en hausse face aux besoins croissants, notamment des familles. Le dernier baromètre du 115, publié en janvier dernier, montrait en effet que l’hôtel reste la principale variable d’ajustement, avec une hausse de 73% des orientations vers des chambres d’hôtel par rapport à décembre 2013.
Annoncé par Sylvia Pinel lors du colloque annuel de la Fondation Abbé Pierre sur le mal logement, le 3 février dernier, le plan pour réduire le recours aux nuitées hôtelières commence à se mettre en place : le 24 mars, le comité de pilotage opérationnel du plan, présidé par le nouveau délégué interministériel à l’hébergement et à l’accès au logement, Sylvain Mathieu, s’est réuni pour la première fois. Y siègent notamment la Fondation Abbé Pierre, la FNARS, la FAPIL, le collectif des associations unies, l’ADF et l’UNCCAS.
Développement de l’intermédiation locative
L’objectif est de réduire le recours aux nuitées en hôtel, qui outre leur coût, ne permet pas un suivi social des personnes , en développant des solutions alternatives – au total 13 000 nouvelles places doivent être créées sur trois ans. Les préfets qui coordonneront localement le plan, se verront assigner des objectifs chiffrés. Première solution visée, le développement de l’intermédiation locative de type Solibail, qui permet à un propriétaire privé de louer via une association son logement à un loyer réglementé, en échange de la gestion locative et de la remise en état du bien à la fin du bail. Aujourd’hui 6000 logements en France sont loués sur ce modèle, le plan ambitionne de créer 9000 places d’hébergement via ce système, qui coûte en moyenne 9 euros par jour par personne, contre 16 à 17 euros par jour à l’hôtel. Un tel développement nécessitera la mise en place d’une plus forte communication sur ce système plutôt avantageux pour les propriétaires.
« On peut aussi conseiller aux communes en constat de carence par rapport à leurs objectifs de production de logements sociaux de développer l’intermédiation locative, car les logements captés dans le parc privé pour être loués à loyer conventionné peuvent être comptés comme logements sociaux, explique-ton au ministère du Logement. Un décret de la loi ALUR à paraître cet été permettra d’ailleurs aux préfets de mettre en place le dispositif avec les pénalités payées par les communes.
Résidences sociales et maisons relais
Autre solution, la création d’environ 1500 places en logement adapté, de type résidences sociales ou maisons relais, notamment via les bailleurs sociaux. Enfin environ 2500 places seront créées dans des centres ou appartements dédiés aux familles.
Enfin, le ministère a annoncé, à quelques jours de la fin de la trêve hivernale, le 31 mars prochain, que sur les 8000 places en hébergement d’urgence ouvertes cet hiver, 2000 seront pérennisées. Le baromètre du 115 a cependant une fois de plus démontré cet hiver que même si les propositions d’hébergement d’urgence ont augmenté, elles n’ont pas permis de répondre à tous les besoins – en décembre, 8 000 personnes sans abri qui ont appelé le 115 n’ont jamais obtenu un lit pour la nuit, soit 43% des demandeurs…
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