Le rejet du projet d’accord sur la qualité de vie au travail des fonctionnaires divise fortement syndicats réformistes et organisations contestataires. Rien ne va pas plus entre, d’un côté, Solidaires, FO, la FSU et la CGT et, de l’autre, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, l’Unsa et la FAFP.
N’est ce pas le révélateur d’une crise fondamentale du syndicalisme français qui menace la démocratie sociale ? La plupart des syndicats ont fait fuir leurs adhérents en se professionnalisant et en jouant la surenchère permanente pour exister.
Plutôt que de rechercher accords ou compromis, leurs responsables, qui sont, souvent, leurs permanents, passent plus de temps et d’énergie à combattre les autres syndicats qu’à défendre les salariés, comme on l’a vu à la SNCF ou avec les intermittents du spectacle alors même qu’un accord avait été trouvé.
Profusion syndicale
C’est ce syndicalisme d’un autre temps et de plus en plus corporatiste, voire « communautariste », qui, par une incroyable ignorance – à moins qu’il ne s’agisse d’une ultime escroquerie ? – prétend défendre le « service public » tout en le détruisant progressivement.
Comment justifier que le moindre appel à la grève soit signé par un nombre invraisemblable de syndicats, là où un seul, avec une pluralité de courants, pourrait négocier en force sans avoir à jouer systématiquement la grève, comme chez nos voisins européens ? Comment expliquer cette invraisemblable multiplicité syndicale au sein d’une seule profession comme les pilotes de ligne ou les conducteurs de trains ?
Aux dernières élections dans la fonction publique, il m’a fallu choisir parmi… onze listes syndicales. Est-ce bien sérieux ? N’est-il pas temps de simplifier un système d’une opacité parfois suspecte ? N’est-il pas temps de moraliser le financement public des syndicats et les mises à disposition, lesquelles ne devraient plus être à vie ?
Ce sont de telles pratiques qui font le lit de l’extrême droite. Il est nécessaire de reconstruire d’urgence un syndicalisme, unifié, fort et de responsabilité. Certains responsables syndicaux s’y emploient courageusement et parfois au sein même des plus grandes organisations. Il serait coupable de ne pas les entendre.
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