Le document peint une mise en oeuvre de la réforme sans accrocs, en s’arrêtant sur quelques chiffres choisis. Ainsi, avec 86% des communes ayant adopté le raccourcissement de la journée d’école de 45 mn (décret Peillon), contre 14% des collectivités locales qui ont opté pour les formules du décret Hamon et un taux de changement d’organisation entre 2013 et 2014 de 6%, le document ministériel conclut à la stabilité des organisations du temps scolaire.
Le bilan d’étape relève toutefois une légère préférence pour le regroupement des activités périscolaires sur une ou deux après-midi. Le vendredi libéré,de son côté,séduit moins pour la rentrée 2015 qu’en 2014 (- 6 points). Le choix du samedi matin travaillé demeure, quant à lui, marginal (2,3%). Quant au choix de réduire les vacances d’été, il ne concerne, en tout et pour tout, que 0,5% des communes.
PEDT et qualité du périscolaire
Autre point mis à l’honneur : plus de 80% des collectivités (soit 14000) se sont dotées d’un projet éducatif territorial pour la rentrée 2015. « Objectif prioritaire pour les services des ministères chargés de l’éducation nationale comme de la jeunesse », la généralisation des PEDT créerait une « dynamique favorable au développement d’activités périscolaires de qualité ».
Le document relève une augmentation du nombre d’accueils périscolaires de 26,4% (+ 23 685 accueils) et du nombre de places ouvertes de 76,5%.
Réseau des professionnels de l’éducation dans les villes, l’Andev se montre plus circonspect sur le sujet : « Le lien entre les activités périscolaires et le projet d’école ne se fait pas encore. La seule façon de le faire, c’est de partir, tous ensemble, du socle commun de connaissances, afin d’organiser au mieux la complémentarité des activités périscolaires avec le temps scolaire », estime Anne-Sophie Benoit, présidente de l’Andev. Et pour cela, il faut du temps, rappelle-t-elle, ajoutant qu’elle ne partage pas l’engouement ministériel pour la généralisation des Projets éducatifs territoriaux (PEDT), car « ces derniers ne constituent jamais qu’un segment des projets éducatifs locaux (PEL), dont le périmètre d’intervention s’avère plus large. Et c’est le PEL, au travers de son ancrage territorial, qui permet d’inscrire l’école dans l’avenir et dans la société ».
Quid de l’évaluation qualitative ?
Le document rappelle également que les aides versées par l’Etat s’élèvent, depuis 2013, à 463 millions d’euros. Le bilan d’étape cite l’enquête de l’Association des maires de France pour affirmer la pertinence de l’aide fournie par les académies aux communes et détaille le nombre de visites reçues par le site http://pedt.education.gouv.fr, mis en oeuvre par l’Education nationale pour aider les collectivités dans l’écriture de leur PEDT (80 000 visiteurs uniques, 170 000 pages vues pour 23 000 communes) pour souligner les synergies mises en place.
Mais l’évaluation qualitative ne démarrera qu’à la rentrée 2015, ce qui laisse l’Andev sur sa faim. « L’enquête réalisée par l’Andev en décembre 2014 s’avérait plus exhaustive. Ce point d’étape donne le sentiment que la réalité des territoires n’est pas correctement appréhendée. Ce bilan ne met pas en exergue le volontarisme des communes, ni le formidable élan de démocratie que représente cette réforme », avance Anne-Sophie Benoit.
Selon le réseau, il manque à ce document de nombreux aspects. L’Andev relève ainsi l’absence de mention du « savoir-faire innovant des professionnels de terrain ». Enfin, l’attente est forte d’une évaluation qualitative et scientifique : « Nous relevons l’absence de l’ORTEJ. Or, il est grand temps d’évaluer les impacts sur la fatigue des enfants, sur l’organisation des parents, sur le renforcement ou la décroissance des inégalités scolaires » reprend Anne-Sophie Benoit.
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