En 2014, 42% des agents ont été absents au moins une fois. Cependant, la suppression du jour de carence, en 2013, n’a pas provoqué une explosion des absences de courte durée : « En maladie ordinaire, le nombre d’arrêts pour 100 agents est passé de 48 à 54 en un an, et, si un peu plus d’agents ont été absents au moins une fois en 2014, on ne peut pas parler de flambée », souligne Pierre Souchon, directeur du département ingénierie services de Sofaxis. En 2014, les arrêts d’un jour ont représenté 8,7% du total des arrêts. Pierre Souchon souligne d’ailleurs qu’il y a probablement eu un effet de vases communicants, un certain nombre d’agents ayant préféré en 2012 et en 2013 prendre un jour de congé ou de RTT, plutôt que de se voir appliquer ce jour de carence.
Le nombre total des jours d’arrêt, toutes natures confondues, est en moyenne de 24 jours par agent employé, soit une progression de 12 % en 5 ans.
Un taux d’absentéisme de 8,7 %
En 2014, comme en 2013, le taux d’absentéisme était de 8,7% soit, pour une collectivité de 100 agents titulaires, l’équivalent d’environ neuf agents ne venant pas travailler pendant toute l’année. Mais cette stabilité statistique ne rend pas compte du fait qu’en 2014, les arrêts courts ont progressé et que les absences longues, elles, se sont allongées. En effet, en maladie ordinaire, l’an passé, plus d’agents se sont arrêtés plus souvent, mais moins longtemps qu’en 2012 et 2013. D’ailleurs, 54 % des absences en maladie ordinaire sont inférieures à une semaine et 71 % ne dépassent pas quinze jours.
Des accidents du travail plus longs
Les accidents du travail, eux, ne sont pas forcément plus nombreux, mais leur durée moyenne croît chaque année. A l’inverse, les congés de maternité ont baissé, ce qui « s’explique sans doute par l’augmentation de l’âge moyen des actifs territoriaux, qui était de 46 ans en 2013 selon la CNRACL », explique Sofaxis. Au global, en 5 ans, le taux d’absentéisme a progressé de 18%.
Un effet âge toujours très important
C’est une évidence que les chiffres de Sofaxis confirment : plus les agents avancent en âge, plus la durée des arrêts s’allonge. Les territoriaux ayant plus de 55 ans s’arrêtent deux fois plus longtemps que leurs collègues de moins de 24 ans. De plus, « le recul du départ de l’âge à la retraite impacte les longues maladies et les accidents du travail », souligne Pierre Souchon. En effet, une personne qui est en arrêt depuis plusieurs mois, pour ne pas revenir en poste, va prolonger son arrêt jusqu’à son départ en retraite, ce qui gonfle les chiffres de l’absentéisme, et est à la charge de la collectivité…
Un coût direct de 1921 euros par agent
En 2014, le coût moyen des absences pour raison de santé était de 1921 euros par agent employé, soit une hausse de 8,4% en un an. Pierre Souchon explique cette progression par le fait que les arrêts longue maladie sont de plus en plus longs. En effet les absences de plus de 90 jours, qui ne représentent que 5% du total des absences, pèsent pour près de 50% des montants remboursés.
« Si les arrêts courts ont un impact financier direct moindre, par contre, ils génèrent des coûts indirects importants », estime Pierre Souchon. En effet, bien souvent l’agent malade sur une période courte ne sera pas remplacé, ce qui est neutre sur le plan budgétaire, mais va obliger la collectivité à organiser autrement le service, impliquant une surcharge de travail et donc plus de stress pour les membres de l’équipe, et parfois dégrader la qualité du service rendu. Et, lorsque ces absences courtes et imprévisibles se répètent, le moral des collègues peut en pâtir…
Références
Méthodologie
Le panorama s'appuie sur un échantillon de 376 815 agents affiliés à la CNRACL (Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités Locales), qui sont répartis dans 18 291 collectivités assurées, pour toutes les natures d’arrêt (maladie ordinaire, maternité, longue maladie/longue durée, accident de service).
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