Qui doit assumer l’accueil des réfugiés ? Après les premiers appels à solidarité lancés par certains élus locaux, la question des moyens s’est rapidement imposée. François Baroin (LR) avait affirmé qu’il ne le « ferait pas à Troye », sans engager l’association des maires de France, qu’il préside. L’AMGVF et Villes de France ont temporisé, convoquant un bureau exceptionnel le 9 septembre. La situation s’est quelque peu clarifiée ce mardi 8 septembre, après une rencontre du bureau de l’AMF avec le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.
« Le ministre nous a bien dit que l’accueil des réfugiés relève totalement de la responsabilité de l’Etat, ainsi que les moyens à mobiliser », explique André Laignel au sortir de la rencontre. « Les garanties apportées vont conduire beaucoup de maires à se porter volontaires. Il faut un accueil local de qualité, que seuls les maires sont capables d’assurer, sur la base de moyens dégagés par l’Etat », ajoute le vice-président délégué (PS) de l’association.
« Il y a l’expression d’un volontariat d’un certain nombre de communes qui se disent disponibles (pour accueillir des réfugiés) (…). Nous accompagnerons l’État dans cette mission », a pour sa part affirmé François Baroin, limitant le cadre du soutien de l’AMF à « cette urgence, les réfugiés et les naufragés ».
Bernard Cazeneuve a pour sa part confirmé qu’il présenterait, le 12 septembre, lors d’une réunion avec les maires, un « kit », dans « le cadre d’un partenariat étroit avec les collectivités locales qui veulent bien s’engager ». Ce dispositif global devait permettre de définir « des objectifs, des procédures, des moyens qui permettent à chacun de s’associer à cet élan humanitaire en étant pleinement informé des dispositifs dont il pourra bénéficier ».
Les maires des Petites villes de France demandent le soutien de l’Etat
« Fidèles à la tradition humaniste de la France, (…) de nombreux maires, lorsqu’ils disposent des moyens suffisants, sont à pied d’œuvre en mobilisant leurs outils municipaux », écrit l’APVF dans un communiqué le 8 septembre. « Les collectivités ne pourront cependant pas résoudre seules ce défi européen et international : le rôle de l’État dans la résolution de cette crise est essentiel. »
Un plan d’action, présenté en juin par le gouvernement, prévoit des aides financières afin d’accélérer le traitement des dossiers des demandeurs d’asile et de créer de nouvelles places dans les centres d’accueil. « La création (…) de 11.000 places d’hébergement supplémentaires est une bonne nouvelle mais elle pourrait rapidement se révéler insuffisante face à l’ampleur de cette crise », s’alarme l’APVF, qui se dit cependant « consciente des efforts engagés » par l’Etat.
Les maires des petites villes de France « souhaitent que ces moyens puissent être pérennisés le temps nécessaire » mais sans que cela ne se fasse au détriment de « la prise en charge des plus précaires, notamment pour ce qui concerne l’hébergement d’urgence des personnes sans-abri ».
L’APVF appelle par ailleurs l’État à tenir compte, dans l’organisation de l’accueil des migrants, de la situation de chaque ville : capacité d’accueil, conditions économiques, sociales et financières, mais aussi « efforts déjà engagés par ceux (…) qui, depuis de nombreuses années par exemple, travaillent avec les structures gestionnaires des centres d’accueil des demandeurs d’asile installés sur leur territoire ».
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