Plus de 700 élus locaux, les représentants des 50 plus grandes villes de France, et de la quasi totalité des départements avaient fait le déplacement samedi à Paris pour cette réunion de travail et d’information sur l’accueil des réfugiés en France. Le calendrier s’est en effet accéléré la semaine dernière, après l’engagement de la France d’accueillir 24 000 réfugiés sur deux ans, dans le cadre de l’accord européen conclu. Après la nomination du préfet Kleber Arhoul pour assurer la coordination entre élus et Etat, le ministre de l’Intérieur a annoncé des moyens supplémentaires pour l’accueil des populations réfugiées, répondant aux inquiétudes des associations d’élus locaux qui réclament un plan d’ensemble coordonné et des moyens à la hauteur des besoins. Une prime de 1000 euros par place sera versée aux communes créant des hébergements supplémentaires d’ici 2017. Une aide d’un montant équivalent sera également attribuée aux propriétaires publics et privés qui mobiliseront des locaux d’accueil. Une série de fiches d’information ont par ailleurs été mises à disposition pour l’information des élus, sur le site du ministère de l’Intérieur.
Selon Louis Gallois, le président de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale, 20 000 places en centres d’accueil de demandeurs d’asiles sont nécessaires, alors que les centres actuellement ouverts sont déjà surchargés. Caroline Cayeux, présidente de l’association Villes de France, estime cependant que « cette somme forfaitaire de 1000 euros ne pourra raisonnablement pas couvrir les frais que devront engager les communes pour l’ouverture de places d’accueil ».
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Mobiliser les logements vacants ?
Alors que l’Union sociale pour l’habitat a appelé à ce qu’un plan d’ensemble, impliquant et coordonnant tous les partenaires soit défini et mis en œuvre, le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, présidé par Marie-Arlette Carlotti, propose la mobilisation des 77310 logements sociaux vacants pour accueillir les réfugiés. Des logements majoritairement situés en zone détendue, dans des territoires souvent touchés par une détérioration du tissu économique et social, qui ne sont pas toujours en état d’accueillir de nouveaux occupants. L’accueil de ces populations pourrait cependant être une chance pour des territoires ruraux, a fait remarquer Najat Vallaud Belkacem, la ministre de l’Education nationale, un moyen de conserver des classes menacées de fermeture en raison de la baisse de la démographie. Si la mobilisation des communes semble aujourd’hui assurée, Villes de France met en garde contre une application du schéma national d’accueil des réfugiés en cas de manque de places d’accueil. « Les maires veulent garder leur liberté de décision » d’accueillir ou non ces populations, martèle cette dernière.
Les communes n’ont cependant pas attendu la réunion de samedi pour se mobiliser. Depuis le début de l’été, elles sont nombreuses à s’être préparées, comme la commune du Vigan, dans les Cévennes, qui a voté en juin la mise à disposition de trois logements communaux pour des familles réfugiées. La commune de Pouilly-en-Auxois, en Côte d’Or, accueille quant à elle dans son ancienne gendarmerie depuis le mois de février une soixantaine de demandeurs d’asiles. Le département de la Gironde, pour coordonner les solidarités, a mis en ligne le 10 septembre une plateforme collaborative nommée solidarités-refugiés. Elle permet aux entreprises, citoyens, collectivités de soutenir l’accueil des migrants, en proposant, vêtements, denrées alimentaires, locaux,… Développée avec des outils libres, elle peut être reprise par d’autres collectivités qui le souhaiteraient.
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