Quand Patrick Kanner, ministre de la Ville, a annoncé, vendredi 18 septembre 2015, que son ministère apportait une contribution complémentaire à l’accueil des réfugiés – 24 000 personnes sont attendus en deux ans – en finançant 1000 contrats en service civique, des représentants des villes de Paris et de Rennes étaient à ses côtés pour signifier leur engagement dans cette expérience. « Ce dispositif prend tout son sens pour nous sur les territoires », a témoigné Frédéric Bourcier, adjoint à la Solidarité à Rennes.
« N’hésitez pas ! »
Depuis, le ministère et l’Agence du service civique attendent que d’autres collectivités leur emboîtent le pas. « N’hésitez pas ! », a martelé Patrick Kanner, tout en estimant qu’« il est encore trop tôt pour savoir si cet appel a été entendu ». Actuellement, seulement 6% des volontaires effectuent leur service civique au sein d’une collectivité. Une faible participation qui s’explique, notamment, par des démarches de recrutement perçues comme chronophages et par la difficulté à identifier des missions adéquates. Pour lever ces freins, le ministère et l’agence du Service civique proposent un mode d’emploi spécifique :
- Une « procédure accélérée » d’agrément est mise en place. L’Agence du service civique considère les offres de postes des structures volontaristes comme « prioritaires et urgentes ».
- Un guide pratique est à disposition, détaillant des exemples de missions s’inscrivant dans le programme de soutien aux réfugiés : informer des citoyens souhaitant apporter bénévolement de l’aide aux réfugiés, organiser des ateliers d’alphabétisation, aider des familles à appréhender leur nouvel environnement, à effectuer les bonnes démarches pour l’inscription des enfants à l’école ou à accéder à leurs droits sociaux et sanitaires…
- Un réseau de référents à activer. Pour constituer leur demande d’agrément, les collectivités peuvent se faire aider par les référents du Service civique dans les DDCSPP et DRJSCS.
- Une possibilité de formation. Pour aider les collectivités à mobiliser leurs équipes en interne sur l’intégration des volontaires et à identifier les tuteurs qui les encadreront, l’Agence du service civique met à disposition une offre de formations, à Paris et en régions par les référents en DRJSCS et DDSPP.
Mises en garde
Le ministre l’a souligné à plusieurs reprises lors du lancement de ce recrutement exceptionnel : les volontaires ne viennent pas se substituer aux agents et leur intervention devra être coordonnée aux missions des travailleurs sociaux. Le guide pratique précise que les volontaires ne peuvent, entre autres exemples, « assurer le traitement des dossiers en guichet » ni « remplir des fonctions d’accueil ». « Nous sommes dans le plus ! », a insisté Patrick Kanner. Aux collectivités volontaristes de travailler précisément la définition des missions, de s’assurer que les volontaires sont aptes et préparés à les remplir, de ne pas empiéter sur les terrains de stage des étudiants de la filière sociale, et enfin, de recueillir la validation des professionnels qui seront les plus directement concernés par l’accueil et l’accompagnement social des réfugiés.
Toujours pour soutenir le développement du service civique au sein des collectivités, le ministère de la Ville prépare avec le CNFPT une journée de sensibilisation, qui se déroulera le 17 novembre prochain, dans le cadre du Salon des maires. Début 2015, le président de la République a fixé les objectifs de 70 000 volontaires en 2015, pour atteindre un rythme de croisière de 150 000 par an à partir de 2017. Instauré par la loi du 10 mars 2010, le Service civique a concerné environ 90 000 jeunes en cinq ans. L’Agence du service civique signale que ces dernières semaines, elle a été directement été interpellés par des jeunes souhaitant spécifiquement s’engager dans l’accueil des réfugiés.
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