« Pas question d’avoir une école au rabais parce qu’on vit à la montagne ! J’ai mis 10 ans à faire mon regroupement pédagogique intercommunale (RPI) et il a permis de sauver l’école chez nous. Mais aujourd’hui, il s’essouffle, nous sommes prêts à trouver d’autres organisations », explique Alain Duran, sénateur socialiste de l’Ariège. Depuis un an, il teste donc une convention d’un type nouveau avec l’inspection d’académie. « Nous avons installé un comité de pilotage avec l’inspection académique et identifié des territoires prioritaires au sein du département, comme, par exemple, des RPI dont la population était en baisse, ou des classes uniques fragilisées par l’isolement. Nous avons alors travaillé à l’échelle de bassins de vie, pour trouver des réorganisations pertinentes », reprend l’élu montagnard. La convention gèle la carte scolaire. Avec quels résultats ? « Sans la convention que nous avons nouée avec l’Education nationale, nous aurions perdu 10 postes d’enseignants, car notre population d’enfants est appelée à chuter de 350 individus. Avec cette convention, nous n’en avons perdu que 3 », avance Alain Duran.
Généraliser la démarche
La démarche a retenu l’attention de la ministre de l’Education nationale, qui vient de confier une mission parlementaire au sénateur.
Avec, pour but, de vérifier s’il est possible de la généraliser. Président de l’association des maires ruraux de France, Vanik Berberian affiche sa circonspection : « nous ne sommes pas hostiles par principe aux conventions ou à la mise en réseau d’écoles au moyen d’une charte. Mais il revient à chaque territoire d’apprécier l’utilité de ces outils et regroupements. Nous refusons l’idée d’avoir des grosses écoles concentrées à l’échelle du canton, par exemple ».
C’est que la rédaction de la lettre de mission inquiète quelque peu l’AMRF : « elle peut faire penser qu’en filigrane, ce qui est réellement visé, c’est une forme de réorganisation globale des écoles et que la mission serait une sorte de ballon d’essai pour sonder ce processus auprès des élus locaux. Or, dans les regroupements, la question de la distance est primordiale : soit, parce qu’elle induit une fatigue accrue pour les enfants, soit parce qu’elle induit l’achat de cars pour les collectivités et que personne ne peut se permettre de nouvelles dépenses en ces temps de restriction budgétaire ». Pour les maires ruraux, la qualité de l’enseignement doit rester la priorité absolue de l’école, de même que l’accès au très haut débit partout.
De son côté, Alain Duran plaide pour la généralisation d’une école maternelle de qualité dans toutes les zones rurales et de montagne, de même qu’une offre périscolaire pertinente. A ses yeux, toutes deux sont gages d’attractivité pour le territoire. Quid des regroupements trop importants ? « Ils ne sont valables que si le maillage reste fin. Il est nécessaire de conjuguer qualité et proximité, en s’appuyant sur les réalités de chaque territoire. On ne va pas tout révolutionner, mais identifier les territoires qui pourraient bénéficier d’une contractualisation » plaide le sénateur.
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