Fin d’année scolaire oblige, l’Association nationale des directeurs de l’éducation des villes de France (Andev) dresse le bilan d’un an d’application de la semaine de quatre jours. Après un an de mise en oeuvre, la nouvelle organisation de la semaine scolaire est loin d’être satisfaisante selon les acteurs de l’éducation.
Lors d’une journée de travail organisée à Reims le 18 juin par les réseaux régionaux Nord Est, Ile-de-France/Normandie et Grand Ouest, avec l’appui du CNFPT Champagne-Ardenne, les acteurs de l’école ont fait part de constats plus que mitigés.
Eric Pateron, directeur d’école à Nanterre, témoigne : «Le bilan était plutôt positif à la fin du premier trimestre ; les enseignants apprécient de pouvoir travailler en petits groupes. Mais en cette fin d’année, la fatigue est généralisée et je sens une modification dans la perception de l’école, à cause du discours sur le fait qu’elle doit s’adapter aux rythmes familiaux.»
Et les élèves et leurs professeurs ne semblent pas les seuls à pâtir de la nouvelle organisation. Les villes de Reims et d’Annecy ont en effet interrogé leurs agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) qui sont respectivement 37 et 51% à estimer qu’elle a un impact sur leur charge de travail.
«Ils disent être pressés par les enseignants car il faut faire plein de choses dans la journée», précise Ornella Del Giudice, chef du service éducation à Reims.
Par ailleurs, les activités d’ouverture sont quelque peu mises au second plan. «Il est plus compliqué et pesant pour les enseignants de travailler en équipe, mais aussi avec nos partenaires», poursuit Eric Pateron. Même constat pour Alain Thirel, coordinateur du projet éducatif global de la ville de Lille : «Les différents projets (informatique, etc.) qui se déroulent avec des intervenants sont en train d’exploser. Les enseignants n’ont plus le temps de monter ce type d’initiatives.»
Continuum
L’aide personnalisée, sujet beaucoup débattu par les intervenants, a été mise en place de manière très différente selon les secteurs : avant ou après le temps scolaire, et sur la pause méridienne surtout.
Ce que déplore Sylvie Mendès, de la Ligue de l’enseignement de la Marne, qui rappelle l’importance de ce temps qu’on a «tendance à rentabiliser» alors qu’il doit remplir pas moins de six besoins pour l’enfant : «bonne alimentation, sécurité affective et physique, calme, propreté, autonomie et socialisation.»
L’Andev avait également convié le chronobiologiste Hubert Montagner qui n’a pas manqué de rejeter l’organisation de ces deux heures au moment du temps méridien – comme avant ou après la classe d’ailleurs. En effet, les enfants ne sont pas, à ce moment, réceptifs.
Il a souligné également «la nécessité d’un continuum dans le développement de l’enfant, avec aussi peu de ruptures que possible». D’autant qu’à Lille par exemple, parents et enseignants se sont dits favorables, lors d’une consultation, à un allongement de l’année scolaire.
Une piste à explorer sans doute pour ces acteurs de l’éducation réunis pour réfléchir à l’école de demain, car le retour au samedi matin paraît difficile, de même que dans une moindre mesure la mise en place de demi-journées le mercredi matin.
Thèmes abordés




