Si les discours des président et vice-présidents de l’AMF ont essentiellement porté sur le respect de la laïcité et le renforcement de la sécurité, les élus locaux présents dans la salle ont été nombreux à tirer la sonnette d’alarme sur la nécessité de préserver les moyens alloués à l’éducation pour faire rempart à la radicalisation, à l’image d’Olivier Dussopt, le président de l’Association des petites villes de France et maire d’Annonay (Ardèche).
Celui-ci a évoqué le soutien indispensable aux associations d’éducation populaire. « Nous sommes les yeux et les oreilles de la République, nous jouons un rôle de fond. Le sport, l’éducation et la culture sont le seul moyen de résister face au terrorisme », a renchéri Christophe Rouillon, maire de Coulaines (Sarthe). « Communes et intercos ont besoin de nouveaux moyens pour assurer la cohésion sociale : il nous faut des moyens pour protéger les générations futures », s’est quant à lui exclamé Patrick Ollier, maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).
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L’éducation comme rempart
Si l’heure n’était évidemment pas à la critique de la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales, on pouvait lire en creux le relais de l’inquiétude des associations, alors que les subventions qui leur sont versées sont en baisse dans nombre de communes.
« Il nous faut des moyens supplémentaires pour les services jeunesse, les services éducation », a renchéri le président de l’Association des maires de villes et banlieues, Gilles Leproust, tandis que les associations présentes dans les quartiers prioritaires alertaient cet été sur la baisse supposée des moyens qui leur sont alloués.
Ils ont aussi été plusieurs à alerter sur la multiplication des demandes d’exemption scolaire. « Notre métier évolue, en avons-nous vraiment les moyens ?, s’est ainsi alarmé Jean Rottner, le maire de Mulhouse (Haut-Rhin). Comment admettre que sur nos bureaux s’accumulent de plus en plus de demandes d’exemption du système scolaire français ? Notre seul moyen pour lutter contre l’ouverture d’écoles confessionnelles extrémistes, c’est d’utiliser le droit de l’urbanisme. Nous devons nous emparer de ce sujet notamment au travers des activités proposées sur le temps périscolaire. »
Rappelons que le maire doit être informé des refus de scolarisation dans le système scolaire classique, et doit contrôler tous les deux ans les raisons pour lesquelles ce mode d’instruction est choisi par la famille et s’il est compatible avec l’état de santé et les conditions de vie de la famille.
« Sur le terrain, notre mission pour promouvoir les valeurs de la République repose beaucoup sur les écoles et l’équipe d’enseignants. C’est une manière au quotidien de lutter contre la division de cette France entre ceux qui ont peur et ceux qui veulent se développer. Ce n’est pas qu’une question de moyen. Il ne faut pas tout voir par l’argent. Le plus important c’est la proximité », juge quant à lui Jacques Chossat de Montburon, maire de Pagny-le-Château, en Côte-d’Or.
Dans son discours, le président de la République a surtout évoqué les mesures d’urgence liées à la sécurité. Dans quelques jours, la question de la lutte à plus long terme contre la radicalisation sera certainement évoquée, comme elle l’a été après les attentats de janvier dernier. Les moyens alloués à l’éducation au sens large seront questionnés, alors que les maires se sont une fois de plus alarmés à la rentrée de septembre de l’insuffisante compensation du coût de la mise en oeuvre des nouveaux rythmes scolaires…




