Vaut-il mieux décrocher un contrat aidé (emploi d’avenir ou contrat unique d’insertion, CUI-CIE et CUI-CAE), dans le secteur marchand ou dans le secteur non marchand ? Assurément, si on s’en tient aux prévisions d’intégration au terme du contrat, il est préférable de se tourner vers le secteur marchand. Interrogés par la Dares dans le cadre de l’étude « Le recours aux contrats aidés »(1), 84 % des employeurs du secteur marchand déclarent avoir l’intention de maintenir le contrat aidé dans leur établissement à l’issue de l’aide financière publique – ce taux est même de 88 % pour le secteur de l’hébergement et de la restauration. Ils ne sont que 37 % dans le secteur non marchant à faire la même prévision, 36 % pour les collectivités territoriales. Dans 64 % des situations de maintien dans l’établissement, l’employeur privé compte faire évoluer le salarié dans l’établissement contre 30 % pour les collectivités. Toujours en faveur du secteur privé, on peut supposer que l’expérience et les compétences acquises en entreprise sont davantage « valorisables » sur le marché de l’emploi classique.
Des contrats privés ouverts à tous ?
Si on étudie l’effet d’aubaine, la réponse est, cette fois-ci, en faveur du secteur non marchand. Les employeurs du secteur marchand ne s’en cachent pas : 58 % déclarent que, sans l’aide de l’Etat, ils auraient quand même embauché le salarié, et, dans 56% des cas, en contrat à durée indéterminée. Le taux d’effet d’aubaine n’atteint que 21 % pour les employeurs du secteur non marchand, et 27 % pour les collectivités territoriales. Globalement, le secteur non marchand est davantage informé sur les contrats aidés : 84 % des employeurs publics avaient l’intention de recruter dès le départ sous cette forme. « Les entreprises sélectionnent les candidats les plus proches du marché de l’emploi et retiennent le même candidat qu’ils auraient embauché dans le cadre d’un processus de recrutement classique », explique l’économiste Michel Abhervé, spécialisé dans les politiques d’insertion et de formation professionnelle. Il ajoute : « Les personnes les plus fragiles trouvent, elles, plus facilement leur place dans le secteur public, ce qui explique, en partie, les moindres performances du secteur public en matière d’insertion professionnelle. »
Le contrat aidé, une bonne solution ?
Avec de tels résultats d’insertion, on peut se demander quel est l’intérêt de poursuivre la politique d’emplois aidés, qui a été intensive ces trois dernières années, dans le secteur public. On compte actuellement environ 300 000 emplois aidés, dont plus de 70 % signés dans le secteur non marchand. Le gouvernement vient d’indiquer qu’il entend poursuivre cette politique « dans la continuité ». « Il est toujours préférable d’être en activité », répond Michel Abhervé, « d’autant plus quand le dispositif comporte une formation, comme pour les emplois d’avenir, et une rémunération, qui est réinjectée dans l’économie ».
Enfin, les employeurs publics semblent engager davantage de moyens dans la formation, ce qui laisse espérer qu’à la sortie du dispositif, les bénéficiaires ont, à défaut d’un emploi, des compétences à faire valoir auprès de futurs recruteurs. Ainsi, 77 % des salariés en contrat aidé ont suivi une formation d’adaptation au poste de travail dans le secteur non marchand et 72 % dans le secteur marchand, et 48% ont suivi une formation complémentaire pour le secteur non marchand, contre 29% pour le secteur marchand.
Références
Thèmes abordés
Notes
Note 01 L'enquête a été réalisée auprès 11 000 employeurs ayant recruté une personne en contrat aidé entre septembre et novembre 2013, quelques mois après l’embauche d’un salarié. Retour au texte




