Comme chaque année depuis 2011, trois prix et une mention spéciale ont été décernés par la MNT à des collectivités pour leurs politiques de santé au travail. Quelles sont les tendances de cette 5e édition ?
Les dossiers présentés par les collectivités témoignent d’approches globales pluri-thématiques et d’une importance de plus en plus grande donnée au bien-être au travail. Cela peut notamment s’expliquer par les réflexions actuelles autour de la qualité de vie au travail. Il y a clairement une prise de conscience. Dans le détail, cinq dossiers concernaient une approche globale de sécurité au travail, trois collectivités ont abordé leurs démarches prévention sous l’angle du bien-être et de la promotion de la santé, trois dossiers présentaient une approche thématique sur les risques psycho-sociaux (RPS), les addictions ou les troubles musculo-squelettiques (TMS). Enfin, un dossier concernait le retour et le maintien dans l’emploi. Le profil des douze candidats demeure extrêmement varié (1), même si les petites collectivités restent davantage représentées.
Le nombre de candidatures baisse régulièrement au fil des éditions. Seuls douze dossiers vous ont été soumis en 2015. Cette érosion pourrait-elle remettre en question l’existence du prix ?
Les collectivités sont sur tous les fronts. Pour être candidates, elles doivent avoir évalué leurs démarches. Cela prend du temps. Nous allons maintenir ce prix qui répond à un réel besoin de partage d’expériences. Mais nous réfléchissons à la manière de le faire évoluer, notamment pour prendre en compte le temps des collectivités. Il faut lui redonner un second souffle, avec peut-être une autre fréquence, une autre forme. C’est pourquoi il n’y aura pas d’édition 2016.
Qu’est-ce qui a fait pencher le jury vers les trois collectivités primées ?
Le 1er prix a été attribué à Saint-Jeannet pour sa politique globale en faveur de la sécurité et du bien-être au travail, reposant sur des actions menées en parallèle sur les volets santé, sécurité et social. Il s’agit d’une politique particulièrement volontariste, avec un investissement financier et humain conséquent, pour une commune qui n’emploie que 48 agents. Courbevoie a remporté le deuxième prix pour sa politique de maintien et de retour à l’emploi des agents suite à une longue maladie ou un accident. La question du reclassement a véritablement été intégrée à la gestion des ressources humaines en vue d’accompagner individuellement l’agent. Le nombre de jours d’absence sur l’année pour maladie ou accidents du travail de ces agents en reclassement est passé de plus de 100 jours en moyenne à moins de 10 jours après leur changement de poste. Le troisième prix a été attribué au conseil régional de Lorraine pour sa démarche de prévention des risques d’accidents des agents techniques des lycées. Un important travail de formation des encadrants, de détection des risques et d’analyse a été réalisé permettant de réduire le nombre d’accidents, leur gravité et le nombre de jours d’arrêt.
Pourquoi attribuer une mention spéciale ?
Ce sont des coups de cœur, des démarches qui ne sont pas forcément innovantes, parfois inclassables, mais qu’il nous semble intéressant d’encourager. Cette année, le jury a choisi la communauté d’agglomération du Centre Martinique (CACEM) pour son action à destination des agents itinérants (collecte des déchets, propreté urbaine, brigade de l’environnement) qui se plaignaient de TMS liés à la conduite. Un diagnostic a été réalisé à travers des questionnaires individuels et des visites de terrain par un ergonome. L’analyse des risques a ensuite conduit à un réaménagement des véhicules et à une sensibilisation aux bons gestes et postures.
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Thèmes abordés
Notes
Note 01 4 communes, 2 communautés d’agglomération, 2 centres de gestion, 1 CIAS, 1 conseil régional, 1 SDIS, 1 commune-CCAS. Retour au texte

