Le défi – permettre à tous les jeunes de 16 à 25 ans, qui en font la demande, de remplir une mission de service civique – est de taille. Comme le prévoit le Comité interministériel à l’égalité et à la citoyenneté, et les collectivités, au même titre que les associations, sont appelées à y participer. Créé par la loi du 10 mars 2010, le dispositif a intégré environ 120 000 jeunes en cinq ans, avec en moyenne 4 candidats pour une mission, alors que l’objectif présidentiel est d’atteindre, progressivement, 100 000 contrats par an. Actuellement, les volontaires sont accueillis à plus de 80 % par le tissu associatif, et pour le reste, par les services publics et les collectivités. En juillet 2015, les principales associations de collectivités et d’élus avaient fait savoir au ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports qu’elles « encourageront (leurs adhérents) à créer et développer des missions de qualité ». Compte-tenu des thématiques éligibles au service civique et reconnues comme « prioritaires pour la nation » – éducation pour tous, mémoire et citoyenneté… – tous les échelons de collectivités ont, en théorie, un intérêt à recourir au dispositif.
S’approprier l’esprit du dispositif
Pour assurer cette montée en puissance, les collectivités doivent à la fois s’approprier le dispositif, qui n’est ni un stage, ni travail, ni un engagement bénévole mais une mission d’intérêt général (assortie d’une indemnité de 573 euros, pris en charge par l’Etat), et renforcer leur service RH. En effet, il convient à la fois de définir des missions qui correspondent à l’esprit du service civique, recruter le volontaire le plus adapté aux projets de la collectivité et l’intégrer au service concerné, aux côtés des agents et des emplois aidés, sur une durée assez courte (en moyenne 8 mois), supposant donc un turn-over conséquent. Dans son étude, datant de juillet 2015, sur l’utilisation du service civique au sein des collectivités, l’Institut national des études territoriales (INET) avait mis en lumière la crainte des services RH de s’engager dans une activité chronophage, en particulier pour les petites collectivités.
Bouquet de services
Dans sa volonté de participer « au déploiement d’actions porteuses de valeurs citoyennes », le CNFPT a présenté, le 23 février 2016, un bouquet de services dédié aux collectivités volontaristes :
- des conférences d’actualité, qui se dérouleront sur tout le territoire au cours du premier semestre 2016, afin de présenter le dispositif, en particulier son cadre juridique.
- un guide pratique sur le dispositif.
- une séquence d’information sur le service civique dans l’offre de formations élaborée avec le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.
- un bouquet de ressources numériques présentant le service civique, qui sera disponible au mois de mars 2016.
- la conception et l’organisation de la formation des tuteurs des jeunes engagés en service civique exerçant leurs missions au sein des collectivités territoriales, au quatrième trimestre 2016.
En moyenne, le volontaire est une jeune femme, âgée de 21 ans. Seuls 25 % des engagés ont un niveau inférieur au bac (bien en dessous de la cible fixée). Note très positive : 75 % des anciens volontaires se trouvent en emploi ou en formation, six mois après la fin de leur mission de service civique, selon un sondage TNS -Sofres de 2014.
Cet article fait partie du Dossier
Accueillir des jeunes en service civique, une opportunité pour les collectivités
Sommaire du dossier
- Le service civique à l’assaut des collectivités
- [VIDEOS] Service civique : l’accueil des jeunes volontaires en mairie
- « Le chemin vers l’universalité du service civique ne se fera pas sans les maires »
- Service civique : les propositions du CESE pour mieux impliquer les collectivités
- Quelques pistes pour favoriser l’essor du service civique
- Service civique : le CNFPT vient épauler les collectivités
- Service civique : « Nous n’arriverons pas à accueillir plus de jeunes sans les collectivités »
Thèmes abordés

