Le ministère de la Santé a annoncé, le 27 juillet, le report sine die de deux décrets prévoyant la fermeture des services de chirurgie accueillant moins de 1 500 patients par an. Les textes étaient attendus pour fin juillet ou début août, mais d’Avallon (Yonne) à Nemours (Seine-et-Marne) ou de Bernay (Eure) à Thiers (Puy-de-Dôme), la publication, le 4 juillet, par le Journal du Dimanche de la liste de 54 hôpitaux menacés sur la base de leur activité 2007-2009 a provoqué un grand émoi dans la population et une levée de boucliers chez les élus locaux, relayés par l’Association des petites villes de France (APVF).
Liste démentie par Roselyne Bachelot qui, dans son communiqué à l’AFP, affirme néanmoins que le principe de fermeture n’est pas remis en cause, mais annonce que son ministère attendrait « le temps qu’il faudrait pour en réexpliquer le pourquoi».
Rétropédalage ? En politique, seul le résultat compte…, répond Jean-Luc Reitzer député-maire UMP d’Altkirch (Haut-Rhin, 5800 habitants), alphabétiquement le premier hôpital cité dans la liste. Président du conseil de surveillance de son hôpital (235 lits), il veut rétablir la vérité des chiffres : Pourquoi comptabiliser les séjours et non les interventions, alors qu’un même patient peut en subir plusieurs ? Pourquoi ne pas comptabiliser les IVG, césariennes, coloscopies, endoscopies…, ce sont des actes chirurgicaux, interroge-t-il.
Investissements conséquents
L’élu souligne aussi que les quatre blocs opératoires de son hôpital ont été entièrement rénovés en 2007 pour 11 millions d’euros, qu’un service de chirurgie ambulatoire et un scanner ont été inaugurés cette année et que les huit chirurgiens et trois médecins anesthésistes travaillent en étroite collaboration avec leurs collègues du centre hospitalier de Mulhouse…
Des arguments que nombre d’élus locaux peuvent faire valoir devant la future mission d’information que le ministère a annoncée pour la rentrée : depuis la parution, en avril 2006, du rapport Vallancien qui préconisait la fermeture de 113 services de chirurgie – un pavé dans la mare -, beaucoup d’établissements ont réalisé des investissements et passé des conventions avec des centres hospitaliers plus importants.
Pour les autres, l’APVF, qui « se félicite du report des décrets-guillotine » demande la mise en place d’un plan d’investissement spécifique. Elle insiste aussi « sur les graves conséquences des fermetures de services hospitaliers, à un moment où la médecine générale connaît elle-même des problèmes de démographie, ce qui ne peut qu’accentuer les risques de déserts sanitaires sur certaines zones du territoire ».




