L’Observatoire national de l’action sociale décentralisée (Odas) a présenté le 16 juin son étude sur les dépenses départementales en matière d’action sociale en 2008 qui devraient exploser dans les années à venir.
En 2008, le coût dans ce domaine a augmenté «modérément» (3,3%) par rapport à l’année précédente. «L’ensemble des autres dépenses départementales progresse presque trois fois plus vite que l’action sociale», constate l’Odas.
L’étude indique toutefois que «tout laisse à penser que l’année 2009 sera difficile – et l’année suivante encore plus – et ce sans que nous soyons en mesure d’appréhender l’impact de la crise sur les besoins sociaux». Cet observatoire craint notamment les conséquences financières de l’augmentation des bénéficiaires du RMI et le coût de la mise en place du RSA.
Autres charges à prévoir, une amplification du champ de la protection de l’enfance et du soutien à l’autonomie. Enfin, «la progression des dépenses s’accompagne d’une diminution des recettes directes et probablement des concours de l’Etat», prévient l’Odas.
APA et PCH en hausse
A l’inverse, jusqu’à l’an dernier les dépenses départementales d’action sociale poursuivaient une décélération continue, constatée dans quasiment tous les secteurs.
Seule exception, la charge nette en direction des personnes handicapées a connu une hausse de 9,5%. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) augmente moins en 2008 qu’en 2007 avec tout de même une dépense brute en hausse de 5,8%, tandis que la prestation de compensation du handicap (PCH) voit son coût doubler sur un an.
«2009 sera la première année d’un cycle préoccupant, à législation constante», estime cet observatoire. Ce dernier annonce que cette situation devrait conduire «à un moindre développement des partenariats et à une priorité mise sur les coeurs de métier».
«La crise reste un véritable et important défi pour les finances départementales», conclut-il donc.
L’AMF et l’Odas s’associent
Le 10 juin, l’Association des maires de France (AMF) a annoncé qu’elle allait lancer le 2 juillet avec l’Odas les ateliers nationaux du vivre-ensemble et de la fraternité, sous la présidence de Jacques Pélissard, président de l’AMF.
Les deux structures veulent encourager les communes «à favoriser la prise en compte du développement du lien social dans toutes les politiques municipales, au-delà de leur politique et de leur soutien aux associations».
Les 7e rencontres de l’Odas, qui se tiendront les 2 et 3 juillet prochains, devront faire émerger des pistes de réflexions dans les domaines de l’autonomie, de l’insertion, du soutien à la jeunesse ou à la famille, etc.




