« Les travailleurs sociaux ne peuvent être que choqués des amalgames qui sont fait entre immigration, gens du voyage, roms et délinquance, s’indigne l’Association nationale des assistants de service social (Anas). Ils savent bien, sur le terrain, combien cette pratique qui consiste à donner de fausses réponses alors que de vraies difficultés existent, contribue à aggraver la situation sociale des familles et la montée de l’intolérance » poursuit-elle, en rappelant que « ce qui est en cause aujourd’hui est le manque de moyens et de respect des lois, notamment par les services de l’Etat ».
Considérant que « cette façon de diviser les Français est aux antipodes des valeurs mêmes du travail social », l’ANAS appelle les professionnels « à garder les principes directeurs de leur action (…) et à ne pas accepter l’arbitraire, le rejet de l’autre et le repli sur soi ».
Même sentiment parmi les éducateurs de rue. Dans un communiqué transmis à la Gazette Santé Social, le Comité national des associations de prévention spécialisée (CNLAPS) déplore « les confusions et les amalgames : celles entre la criminalité (grand banditisme) et la délinquance avec les mêmes réponses aussi radicales, celles entre absentéisme scolaire et parents délinquants, celles entre origine étrangère et délinquance ».
« On ne peut pas fabriquer du ‘vivre ensemble’ de cette manière », juge le CNLAPS, qui place « la prévention sociale et éducative » au centre de son action et demande à l’Etat « un soutien aussi ferme et clair à cette approche qu’à la lutte contre l’insécurité par des mesures répressives ».

