Qu’est-ce que le réseau des villes amies des aînes et quel est son action ?
Le réseau francophone des villes amies des aînés (RFVAA), affilié à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2013, est désormais composé de 60 villes, de toutes les tailles : la plus petite est une commune de moins de 1000 habitants, les plus grandes sont Lyon ou la métropole de Toulouse. De nombreuses villes ont également entamé le processus pour nous rejoindre, comme Brest, Paris… Elles sont attirées par la vision d’ensemble du territoire qui leur apporte, l’accompagnement qu’on leur offre à travers différents outils. Nous proposons une démarche globale et transversale sur la question du vieillissement et des temps de rassemblements qui permettent une mise en réseau des villes.

Pierre-Olivier Lefebvre, délégué général du RFVAA
Le prochain rassemblement aura d’ailleurs lieu le 31 mai, à Lyon, sur le thème de la mobilité.
La journée commencera par la présentation de notre démarche avec notamment des témoignages de villes de différentes tailles et à différentes étapes de leur intégration au réseau. Le but est qu’elles présentent les points forts et les points faibles de la démarche aux communes intéressées et qu’un échange se crée entre elles.
Et ensuite, comme chaque année, nous informerons et formerons les villes sur une thématique avec des témoignages de communes qui ont travaillé sur le sujet et d’acteurs du secteur. Cette année, nous avons choisi la mobilité car c’est un point fondamental pour sortir de l’isolement les personnes âgées, les rendre acteurs de leur ville.
Auparavant, le sujet était vu comme marginal. C’était une disposition à part des politiques de vieillissement mais il doit être réintégré dans une vision globale. La mobilité pose la question des transports publics mais aussi de la voirie – pour avoir des trottoirs assez larges pour faire passer des fauteuils par exemple – , de l’aménagement urbain. On sait qu’une personne âgée qui a des difficultés à marcher peut faire 300 à 700 mètres avant d’avoir à se reposer, pour qu’elle puisse continuer à sortir de chez elle, il faut l’aider avec des lieux pour s’asseoir.
La loi d’adaptation de la société au vieillissement, adoptée fin 2015, vous aide-t-elle à faire comprendre aux communes les besoins des personnes âgées ?
La loi est complètement en phase avec la démarche du RFVAA. Pour la première fois, il y a une réflexion d’anticipation, on cherche à savoir comment on vit quand on prend de l’âge. Le vieillissement est vu globalement, au-delà du financement et du rôle – bien sûr important – des départements. La loi demande un vrai travail de prévention : il faut penser la ville pour qu’elle reste accessible aux personnes âgées. Et si elle est accessible aux aînés, elle devient une ville bienveillante pour tous : poussettes, personnes en fauteuil… Et il ne faut pas oublier qu’on parle des personnes âgées, au pluriel : les situations qu’elles rencontrent sont très différentes selon l’âge et le parcours de vie, on se doit d’y être attentif.
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