La dimension culturelle du Grand Paris monte en puissance. Le 4 juin 2016, le lancement du premier chantier du Grand Paris Express sur le site de la future gare de Fort d’Issy-Vanves-Clamart, opération dite « du km 1 » et nourrie de multiples projets d’artistes locaux et internationaux, en a constitué la première manifestation publique dans le nouveau cadre institutionnel métropolitain. Mais la prise en compte des enjeux culturels de la métropole est bien antérieure. En 2012, le rapport « Janicot » en a posé la première pierre, suivi, un an plus tard, de l’adoption du schéma directeur des actions culturelles de la Société du Grand Paris.
Pour les élus, les territoriaux, les responsables d’équipements et d’événements de toutes natures, cette nouvelle donne métropolitaine induit une recomposition des projets, des périmètres d’intervention, des cercles d’acteurs, et de nouvelles façons de travailler dans un territoire où la coopération intercommunale est restée, jusqu’à présent, l’exception.
L’Agence d’ingénierie culturelle Tertius lance en septembre 2016 un parcours de formation-action destiné aux élus et aux acteurs culturels. L’occasion de faire un tour d’horizon des enjeux avec son co-directeur Claude Paquin.
Quel est l’état des lieux de l’intercommunalité culturelle au sein du Grand Paris naissant ?
D’abord, il convient de distinguer entre la coopération institutionnalisée et celle que vivent, au quotidien, les habitants, à travers leurs déplacements et leurs pratiques, ainsi que les artistes dans leur travail. La coopération intercommunale est restée fort limitée en Ile-de-France jusque dans les années 2000, hormis dans les villes nouvelles et les franges rurales de la région, là où sont nés les premiers EPCI franciliens. En revanche, la coopération informelle, celle qui touche les pratiques quotidiennes est déjà ancienne. Cette situation était déjà perceptible dans une étude menée il y a 20 ans par Tertius pour le compte de la Drac d’Ile-de-France(1).
Par ailleurs, il faut distinguer entre intercommunalité de gestion et intercommunalité de projets. Avant la création de la métropole et des 12 établissements publics territoriaux (2)
on recensait 19 EPCI, soit 67% de la population, dont 17 avaient pris la compétence culturelle.
En 2013, une étude de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) et d’ ARCADI (3) a montré que l’intercommunalité ...
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