Les rentrées se suivent et se ressemblent. Après l’Association des maires de France l’an dernier, voici l’Assemblée des départements de France qui sonne la mobilisation contre le « désengagement de l’Etat ».
Elle lance une campagne de communication, en ce sens, du 19 au 24 septembre. « Demain, les départements ne pourront plus payer le RSA », « demain, les départements ne pourront plus assurer la qualité de nos routes » peut-on lire sur les supports de l’ADF.
Lors d’une conférence de presse, le 14 septembre 2016, le président de l’Assemblée des départements de France Dominique Bussereau (LR) enfonce le clou : « L’Etat ne finance que 60 % du RSA qu’il nous a transféré. »
En 2015, une aide d’urgence de 50 millions d’euros avait été octroyée aux départements les plus en difficulté. Mais, cette année, Dominique Bussereau prévient, solennel : « On veut quelque chose qui ne soit pas des dragées. Un seul mois de RSA dans le Nord représente 65 millions d’euros. Alors, à moins de 300 millions, le geste de l’Etat ne serait pas significatif à nos yeux. »
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Le groupe de la gauche de l’ADF dénonce « une posture » née, selon lui, d’un refus de tout compromis avec le gouvernement sur le financement du RSA. Les départements de droite ont fait le choix de « laisser glisser certains territoires vers la faillite », cingle-t-il. L’antagonisme gauche-droite atteint des sommets.
Les candidats à la présidentielle sur le gril
Les quatre patrons LR de la Seine-et-Marne, des Yvelines, de l’Essonne et du Val-d’Oise battront le pavé devant Matignon le 21 septembre prochain. Objectif : obtenir une entrevue avec Manuel Valls, ancien député-maire d’Evry.
La France périphérique met aussi son grain de sel. « Nous voyons se dessiner une France à deux vitesses. C’est notre pacte républicain qui est menacé. Les adjuvants et les constructions bercyennes autour du RSA sont de la cavalerie budgétaire qui nous mène droit dans le mur », fulmine Benoit Huré, président (LR) des Ardennes.
L’ADF soumettra les candidats à la présidentielle à la question, lors d’un rassemblement le 2 février 2016. En attendant, le congrès de l’ADF, les 6 et 7 octobre à Poitiers s’annonce « sportif » selon le mot de Dominique Bussereau.
Selon toute vraisemblance, François Hollande ne répondra pas à l’invite de l’association. Manuel Valls, qui participe une semaine avant au congrès de l’ARF, réserverait sa décision.
La présence du seul ministre des Territoires Jean-Michel Baylet serait, selon Dominique Bussereau « discourtoise ». « Si on ne respecte pas les convenances, prévient le patron de l’ADF, nous saurons nous en souvenir. »
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