Pour les centres communaux et intercommunaux d’action sociale (CCAS et CIAS), l’heure est à l’inquiétude, en pleine « crise de confiance » envers l’Etat. Tel est le constat de Patrick Kanner, le président de l’union nationale (Unccas), à l’occasion du 63è congrès de l’association qui a réuni les 6 et 7 octobre plus de 1 000 participants à Dijon.
Réforme territoriale, asphyxie financière des départements, révision générale des politiques publiques, loi « hôpital, patients, santé, territoires », les contraintes s’accumulent et « les villes ne pourront pas compenser les divers désengagements », prévient-il.
Syndrome guichet
Patrick Kanner craint la disparition de nombreuses initiatives locales : « Alors que 80 % d’entre eux constatent une augmentation des demandes d’aides, les CCAS risquent de redevenir des guichets sociaux n’agissant que dans l’urgence. Or, leur force est précisément leur capacité d’innovation. »
C’est l’enseignement du deuxième baromètre que publie La Gazette Santé Social, aux termes d’une étude conduite auprès des CCAS. Près de 80 % des CCAS constatent une augmentation globale des demandes d’aides, alors qu’ils n’étaient « que » 75 % à le percevoir en 2009.
Ce contexte donne tout son sens au thème central choisi pour le congrès, « De l’observation à l’évaluation ». « Nous voulons dire à nos adhérents, dont l’action touche 65 % de la population française : « Sachez observer, analyser les besoins, afin que la décision politique soit la plus appropriée possible », précise le président de l’Unccas.
Les ateliers proposés sur ce thème à Dijon étaient ainsi destinés à apporter des réponses en particulier aux CCAS des petites et moyennes communes, qui ont plus de mal à intégrer cette culture, souvent faute de moyens. Avec, en filigrane, l’idée que l’approche quantitative ne doit pas prendre le pas sur le qualitatif.
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