Comme pour le compte de manifestants, il n’y a pas de méthode scientifique pour juger du nombre de territoriaux en grève, et pourtant ceux-ci doivent se déclarer à leur direction des ressources humaines. Regrouper des chiffres précis semble donc possible, mais personne ne le fait.
Malgré cela, le ministère du Travail et de la fonction publique a constaté une baisse des grévistes dans la territoriale, avec un passage en fin de journée de 16,12% le 12 octobre à 11,4% le 19. La chute est plus forte encore dans la fonction publique d’Etat, passant de 21,22% à 12,76%.
« Le nombre d’arrêts de travail est au moins équivalent et nos sondages dans des collectivités nous indiquent une même mobilisation que la semaine passée. Nous ne voyons donc pas comment il pourrait y avoir une baisse », conteste Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération CGT des services publics.
« Propagande la plus grossière »
Aux décomptes du gouvernement, la CGT oppose donc ses propres évaluations. A 13h30 le 19 octobre : 35% dans la fonction publique, un taux « au moins égal » à celui constaté une semaine plus tôt. « Le ministère de la Fonction publique joue à plein la carte de la propagande la plus grossière en annonçant un taux de grévistes provisoire en baisse de près d’un tiers dans la fonction publique territoriale », juge le syndicat.
Sur la période du 13 au 18 octobre, à la suite d’un recensement minutieux effectué pour toutes les grèves de une à 24 h, la CGT comptait 60 départements et plus de 160 collectivités mobilisées. 330 actions locales avaient aussi été dénombrées avec de nombreuses fermetures de crèches ou de cantines scolaires.
Baisse confirmée
« La Gazette » a fait le tour de quelques collectivités et la tendance à la baisse semble se confirmer dans ces collectivités, à l’issue de décomptes souvent partiels. A Bordeaux, par exemple, 20,58% des agents de la mairie se sont déclarés contre 26,86% la semaine précédente.
Une chute aurait aussi été constatée à Orléans, à la communauté urbaine de Strasbourg ou aux conseils généraux de la Creuse et de l’Ain. Au conseil régional d’Alsace, les 14% d’agents grévistes lors des journées précédentes sont tombés à 3,9%. Les territoriaux en grève tourneraient autour de 10% des personnels à Grenoble, une première estimation à Lyon indique 17,05%.
En cours de journée, les calculs ne sont pas aisés à faire. Les services des ressources humaines n’ont pas reçu toutes les déclarations et certains fonctionnaires ne se mobilisent que pour des demi-journées. Le conseil régional de Bretagne indique notamment qu’il n’aura réuni des chiffres fiables sur l’ensemble de ses personnels qu’en fin de semaine, alors que d’autres collectivités avancent l’éclatement des sites pour expliquer la difficulté des calculs.
Quelques raisons de plus de se méfier des données globales communiquées en cours de journée…
« On ne compile pas ce type de données par collectivité », répond laconiquement la direction générale des collectivités locales (DGCL) quand nous lui posons la question. Le chiffre communiqué par le ministère de la Fonction publique (DGAFP) vient en fait de l’Intérieur, dont dépend la DGCL. Comment ce chiffre est calculé ? mystère.
« La méthode du gouvernement c’est du « pifomètre ». Il y a des évaluations des services de police et des extrapolations départementales sur les informations récoltées auprès des plus grosses collectivités », estime Baptiste Talbot. Les petites collectivités ne sont donc pas prises en compte selon lui. Sans réponse de la part de la DGCL à ce sujet, difficile d’y voir plus clair…
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