«Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance. » La phrase, devenue slogan du discours du Bourget de 2012, avait beaucoup fait espérer en matière sociale. Mais, sans baisse du chômage, le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA) ne pouvait qu’augmenter…
La pauvreté augmente, les inégalités reculent
Le plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, lancé par le gouvernement en 2013, avait pour ambition de lutter contre les causes du phénomène. Selon les chiffres 2015 de l’Insee, la pauvreté a légèrement augmenté par rapport à l’année précédente – 14,3 % contre 14,1 %.
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Après une baisse en 2012 et en 2013, ce taux stagne. Les inégalités, en revanche, ont reculé grâce à la redistribution, note l’Insee. La mesure la plus visible du plan « pauvreté » a été, en cinq ans, l’augmentation de 10 % du RSA. Mais, en aidant les plus faibles, l’Etat n’a en rien aidé les finances des départements.
Le nombre d’allocataires du minima social a explosé pendant le quinquennat : entre 2012 et 2015 (derniers chiffres disponibles), l’augmentation a été de 15,8 %. Le reste à charge sur l’allocation, lui, a quasiment doublé pour les départements, passant de 2,2 milliards à 4,2 milliards d’euros.
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La loi « Vieillissement » enfin adoptée
Et une nouvelle dépense fait craindre le pire aux conseils départementaux : l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Attendue depuis la canicule de 2003, la loi sur le grand âge, finalement intitulée « loi d’adaptation de la société au vieillissement » a été adoptée fin 2015.
Sa mesure phare : l’augmentation de l’APA. Pour l’heure, l’Etat compense intégralement son coût, comme celui du droit au répit pour les aidants. Mais, à terme, les fonds de la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie seront insuffisants, comme le reconnaît Pascale Boistard, la secrétaire d’Etat aux Personnes âgées. Cette loi n’est donc qu’une étape qu’il faudra compléter. D’ici à 2050, un Français sur trois aura en effet plus de 60 ans.
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L’accessibilité encore repoussée
L’échéance officiellement maintenue du 1er janvier 2015 aura, encore une fois, laissé un goût amer aux personnes handicapées. L’obligation pour tous les établissements recevant du public (ERP) d’être accessibles à l’ensemble des publics a été une nouvelle fois décalée, avec la création des agendas d’accessibilité programmée (Ad’Ap). Ceux-ci permettent aux ERP de disposer de nouveaux délais – de trois à neuf ans – pour réaliser leurs travaux d’accessibilité. Mais, alors que tous les Ad’Ap auraient dû être déposés en préfecture fin septembre 2015, les « retardataires » n’ont toujours pas été pénalisés…
Le gouvernement a néanmoins œuvré pour une meilleure prise en compte du handicap, à la suite du rapport « Zéro sans solution » de Denis Piveteau. Depuis, 23 départements expérimentent ainsi le projet « une réponse accompagnée pour tous », afin que les personnes handicapées ne subissent plus les décisions d’accompagnement de l’administration.
L’échec de la lutte contre les déserts médicaux
Côté accès aux soins, le quinquennat n’aura pas permis de faire disparaître les déserts médicaux. Les Pactes territoire santé 1 et 2, qui offrent des aides aux médecins s’installant dans les zones sous-dotées, n’ont pas réussi à enrayer la tendance. Même les zones périurbaines sont désormais touchées.
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Le bilan territorial de François Hollande
Sommaire du dossier
- Collectivités locales et fonction publique : le bilan territorial de François Hollande
- Réforme territoriale : une réorganisation sans précédent
- Réforme de l’Etat : simplification et… complexification !
- Sécurité : Comment les attentats ont transformé le quotidien de nos villes
- Logement et urbanisme : les acteurs bousculés, sur fond de crise puis de reprise du secteur
- Fonction publique territoriale : le vrai bilan de François Hollande
- Energie et environnement : un bilan en demi-teinte pour le quinquennat
- Education : le passage en force des rythmes scolaires
- Quartiers : des moyens, peu d’amélioration
- Finances locales : des réformes, mais un certain goût d’inachevé
- Social : répondre à tous les besoins, l’impossible pari du quinquennat Hollande
- Culture : une loi-fleuve, mais pas de ligne directrice
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