« Enfants en danger : dans le doute, agissez ! » Le slogan du plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants 2017-2019 veut rappeler que chacun peut avoir un rôle à jouer dans la protection des enfants. Sur le modèle des plan successifs dédiés à la lutte contre les violence faite aux femmes, ce premier acte doit éveiller les consciences.
« Il y a 25 ans, quand une femme était frappée, on disait que cela ne regardait pas l’extérieur, c’était une affaire familiale. Aujourd’hui, on ne le dit plus, en revanche pour les enfants on le dit toujours, jusqu’au drame », déplore Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes.
La famille est aussi le premier lieu dans lequel s’exercent les violences. Le plan se concentre donc sur les violences intrafamiliales, quelle que soit leur nature : physiques, psychologiques, sexuelles et les négligences. « Ces violences sont tues sous prétexte, trop souvent encore, que les événements qui adviennent au sein de la cellule familiale relèvent de la liberté éducative ou de l’intimité à laquelle chacun a droit », souligne le ministère.
Quatre priorités
Le plan s’axe donc sur quatre priorités pour permettre une meilleure prise en charge des enfants abusés :
- Améliorer la connaissance et comprendre les mécanismes de violences ;
- Sensibiliser et prévenir ;
- Former pour mieux repérer ;
- Accompagner les enfants victimes de violences.
Si cela peut paraître incroyable en 2017, il n’existe ainsi aucune statistique officielle du nombre d’enfants qui décèdent suite à des violences. Les associations l’évaluent entre 700 et 900 morts annuels.
Dans son dernier rapport annuel, l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) déplorait d’ailleurs cette situation et demandait une harmonisation des relevés chiffrés entre les départements pour pouvoir disposer de données nationales précises.
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En plus de statistique fiables, le plan prévoit confier aux Observatoires départementaux de la protection de l’enfance (ODPE) un travail d’analyse systématique des conditions ayant conduit à la mort d’un enfant dans une volonté de tirer les leçons les plus complètes possibles des drames. Et ainsi essayer de les éviter à l’avenir.
Campagne de communication
Au-delà d’une meilleure connaissance des violences faites aux enfants, le but premier de la campagne est bien d’encourager les individus à dénoncer des situations de violences dont ils pourraient être témoin. La ministre précise :
On a eu plusieurs cas dramatiques récemment, j’observe que ces familles dans lesquelles des enfants sont morts avaient des voisins. Ils font ensuite des marches blanches, c’est très bien, mais ce qui est mieux encore c’est de signaler avant le drame.
Des vidéos ont été réalisés pour faire témoigner des personnalités sur tous les types de violences qui peuvent être rencontrées par les enfants.
https://www.dailymotion.com/video/x5dl5myFormations pour les professionnels
Les professionnels de l’enfance ne sont pas non plus oubliés par le plan. Un manque dans la formation des personnels aux contacts des enfants, dans les écoles, les crèches ou à l’hôpital a été souligné.
Des cursus sur la détections et la conduite à suivre pour transmettre les informations seront donc mis en place. Des médecins référents sur les violences faites aux enfants seront également désignés dans chaque hôpital, avant la fin de l’année 2017.
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