Le dossier Risques majeurs du rapport annuel 2016 de l’ONS permet de tirer un premier bilan qualitatif des exercices des Plans particuliers de mise en sûreté (PPMS), et notamment de leur adaptation aux nouvelles menaces protéiformes d’attentats (intrusion, présence d’engin explosif dans l’établissement, attaque chimique extérieure…). Il comporte également des exemples de bonnes pratiques, avec l’expérience académique de Rouen ou la démarche menée par la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) des Yvelines.
Les problèmes posés par l’alerte
La première difficulté dont témoignent les directeurs d’école ou les chefs d’établissements concerne l’alerte interne. Les deux tiers des établissements ayant remonté leur expérience affirment ne pas disposer de signal spécifique et audible par tous. « Il est nécessaire de disposer d’une alerte différente de la sonnerie pour l’incendie, que l’on puisse déclencher de lieux autres que la loge de concierge, susceptible d’être attaquée en premier en cas d’attentat-intrusion », explique Jean-Marie Schléret, président de l’Observatoire.
Plusieurs pistes sont étudiées : des diffusion d’un message vocal court par des haut-parleurs, l’ouverture d’une fenêtre sur les écrans d’ordinateur dans les salles de classe, l’envoi de SMS groupés pour prévenir les adultes présents, voire les élèves. « Il n’y a pas un bon système, car il doit être adapté à chaque établissement. Il faut éviter des dépenses importantes pour des outils qui ne s’avéreraient pas fonctionnels », explique Delphine Jourdain, conseillère technique risques majeurs auprès du Recteur de l’académie de Versailles. Et d’ajouter :
Dans notre rapport 2017, nous allons travailler sur un guide d’aide à la décision à l’achat de matériel, à destination notamment des collectivités territoriales propriétaires des établissements.
Conduites à tenir en cas d’attaque
En cas d’attentat-intrusions, deux comportements sont préconisés : si possible s’échapper, sinon se cacher et s’enfermer. Comment prendre la décision entre ces deux options ? Si la première est retenue, comment et où se regrouper ?
Les professionnels ont fait remonter plusieurs difficultés : l’impossibilité de fermer les portes de salles de classe (contradiction avec les normes d’incendie), des meubles trop lourd à déplacer. « Tout cela doit être anticipé. Il faut au préalable identifier les lieux de regroupement, qui ne sont pas forcément les mêmes que lors d’une tempête », précise Jean-Marie Schléret.
Enfin, une attention particulière doit être portée à la façon de mener les exercices sans traumatiser les élèves. La sensibilisation doit passer par le jeu pour les plus jeunes. A ce titre, la DSDEN des Yvelines a réalisé des pictogrammes pour les établissements du primaire, avec des dessins de pandas et des consignes simples : « ne plus bouger, « ramper », « se taire ». L’ONS préconise de réaliser au moins deux exercice PPMS par an, un « attentat-intrusion » et un « risques naturels et technologiques ».
La coordination entre les différents acteurs est primordiale pour assurer la meilleure réaction à une attaque terroriste. Ainsi, la DSDEN des Yvelines a invité les collectivités territoriales aux exercices PPMS menés par les établissements scolaires – 72 élus locaux y ont été présents. « Parfois, le PPMS peut les aider à réaliser leur Plan communal de sauvegarde », ajoute Delphine Jourdain.
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