Les élus locaux invités à la table ronde organisée le 23 novembre au congrès des maires n’ont pas manqué de rappeler cette expérience qu’ils font au quotidien. Mais leurs débats ont aussi mis en lumière des évolutions, récentes et profondes.
A commencer par l’approfondissement du phénomène : « avec la crise, la pauvreté et la précarité se sont installées de façon durable et touchent des personnes qui ont un travail », a rappelé François Rebsamen, maire (PS) de Dijon (Côte d’or), évoquant des quartiers concernés par la politique de la ville, où l’on compte « 70% de familles monoparentales et 100% de logements locatifs ».
De son côté, Patrick Masclet, maire (UMP) d’Arleux (Nord), et président de la commission « cohésion sociale » de l’Association des maires de France, a mis l’accent sur l’acuité de la pauvreté dans certains territoires ruraux, qui fait que, désormais, maires des villes et maires ruraux se retrouvent sur le même front : « dans nos petites communes, la population en situation de pauvreté se répartit comme dans les villes entre familles monoparentales, personnes âgées, travailleurs pauvres etc. En outre, nous sommes confrontés aux cas des néo-ruraux partis des villes pensant que, dans une petite commune, leur sort serait meilleur ».
Arleux fait partie de ces communes rurales incluses dans un contrat urbain de cohésion sociale (CUCS). De mêmes, Fontannes et les autres communes du Pays de Lafayette (Haute-Loire), ont signé en mai dernier une charte territoriale de cohésion sociale, pour faire face à une pauvreté de plus en plus prégnante et mise en évidence, en 2008, par l’Observatoire régional de la santé d’Auvergne. Pour le maire (UMP) de Lafayette, Philippe Vignancour, les dispositifs municipaux ne doivent pas se substituer aux plans existants, notamment les plans départementaux d’insertion, mais « les CCAS ruraux doivent se recentrer sur leurs missions premières de solidarité », a-t-il affirmé.
Pour Claude Dilain, maire (PS) de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et président de l’Association des maires Ville et banlieue, « une bonne moitié des pauvres vivent sur des territoires pauvres, ce qui met ces personnes en situation de « sur-accident », car les services publics, les transports, les agences de Pôle emploi etc. y sont rares. La pauvreté y est donc vécue comme une fatalité dont on ne sort pas ».
Face à ces retours d’expériences et aux témoignages des maires présents dans la salle, Marie-Anne Montchamp, la toute nouvelle secrétaire d’Etat auprès de la ministre des solidarités et de la cohésion sociale (Roselyne Bachelot) n’a guère apporté de message concret. Tout au plus a-t-elle salué la « fonction d’observateur » du maire, dont se nourrit la connaissance globale du phénomène de la pauvreté, qu’elle-même et Roselyne Bachelot veulent développer.
« La feuille de route esquissée par nos prédécesseurs a vocation à durer, car nous devons agir sur le long terme. Mais on voit bien qu’elle ne suffit pas », a-t-elle conclu, sans préciser de nouvelles mesures pour la rendre plus efficace.
Plusieurs maires présents dans la salle ont regretté qu’elle ne soit pas restée jusqu’à la fin de la matinée, car ils avaient maintes questions à lui poser, notamment sur l’avenir des contrats aidés, dont ils redoutent l’assèchement du financement.
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