Médecins qui n’exercent que comme remplaçants, « seniors » qui décrochent leur plaque avant l’âge de la retraite, et, plus généralement, jeunes diplômés (et pas seulement les femmes !) qui ne veulent pas sacrifier leur vie personnelle, ces phénomènes se développent.
Et le débat, animé par Isabelle Maincion, maire de La Ville-aux-Clercs (41), et Jean-Pierre Bouquet, maire de Vitry-le-François (51), a très vite révélé les limites des solutions à la mode que sont le recrutement de médecins étrangers, roumains essentiellement, à qui les chasseurs de tête font miroiter des revenus mirifiques, ou la création de maisons de santé où, hors les murs, manque un véritable projet de santé…
Avant le creux de la vague prévu pour 2020, l’état des lieux dressé par Jean-Marc Juilhard, sénateur du Puy-de-Dôme, auteur du rapport «Bilan des maisons et pôles de santé» (2010), Gérard Pelhate, président de la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole, et le Dr Patrick Romestaing du Cnom, a révélé l’aggravation constante des inégalités entre territoires surdotés (Paris et la côte d’Azur) et sous-dotés, zones rurales et banlieues.
Avec un pessimisme partagé par la salle, où de nombreux maires-médecins étaient présents.
Mais très vite, aussi, est apparu le clivage devenu traditionnel entre tenants de l’incitation et tenants de la coercition – les derniers étant plus applaudis … « Ce sont nos impôts qui paient les études de médecine, il s’agit d’un investissement pour le pays », a dit Rémy Rebeyrotte, maire d’Autun (71). « Il existe plus de 120 mesures incitatives dont l’efficacité est nulle », a rappelé Laurent El Ghozi, président de l’association Élus, santé publique & territoires.
Tous deux plaidant pour ce que Gérard Pelhate appelle un conventionnement sélectif : « aller travailler là où il y a des malades à soigner et non une clientèle à se faire », a résumé Laurent El Ghozi.
« Je comprends ce débat, mais en mars prochain, l’un des deux médecins de ma ville part à la retraite et son associé m’a déjà dit qu’il arrêterait aussitôt, que puis-je faire ? », a demandé un maire en écho au désarroi de tous les maires contraints à la danse des sept voiles pour attirer les généralistes…
Pas de réponse du côté de Philippe Obrecht, représentant le ministère de la Santé, et un appel sans grande conviction de Patrick Romestaing à s’adresser à l’Observatoire tout récemment mis en place par le Cnom pour faire le go-between.
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