La Caisse nationale d’allocations familiales consacre le numéro d’avril de sa revue électronique « L’e-ssentiel » aux bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) expérimental. A la date du 31 décembre 2008, 15 000 foyers, dans les 34 départements expérimentateurs, percevaient l’allocation complémentaire du revenu minium d’insertion (RMI) ou de l’allocation parent isolé (API) versée aux personnes reprenant une activité professionnelle.
Des profils sans surprises
Les bénéficiaires du RSA sont globalement plus jeunes que les bénéficiaires du RMI sans emploi. Ainsi, un peu plus d’un tiers a entre trente et trente-neuf ans (contre un peu plus de 25% pour les Rmistes sans emploi). A l’opposé, les plus de 50 ans ne représentent que 17% des effectifs (contre 27% des Rmistes sans emploi).
La CNAF observe la tendance inverse pour ceux qui touchent le RSA en complément de l’allocation de parent isolé (API) : les bénéficiaires de l’API sans emploi sont plus jeunes que ceux qui ont repris un emploi. Cette répartition des âges, précise la CNAF, est conforme aux constats faits précédemment lors d’études sur les mesures d’intéressement à la reprise d’un emploi.
Autre enseignement de l’enquête de la CNAF : les bénéficiaires du RSA complément du RMI se répartissent à peu près de façon égale entre personnes seules (24% d’hommes, 23% de femmes), couples (27%), familles mono-parentales (26%).
La situation est plus contrastée pour le RSA complément de l’API, les hommes seuls étant majoritaires (37%), devant les familles monoparentales (23%), les femmes seules (21%) et les couples (19%). Là encore, la CNAF observe que ces résultats sont dans le droit fil d’études antérieures sur le RMI.
Evaluation épineuse
Par ailleurs, la CNAF relève que les bénéficiaires du RSA complément du RMI sont dans le dispositif d’insertion depuis moins de quatre ans. Quant à ceux qui sont dans le dispositif depuis moins de six mois, ils sont plus nombreux à ne pas avoir d’emploi.
Reste la question de l’efficacité du RSA, censé inciter à la reprise d’un travail. « Les difficultés d’interprétations sont nombreuses », prévient la CNAF, soulignant que le marché de l’emploi local et la conjoncture économique générale influent sur les situations individuelles, plus encore que le RSA. Si de décembre 2007 à décembre 2008, le nombre d’allocataires du RMI a diminué, dans les zones expérimentales (moins 3,2%), comme à l’échelle nationale (moins 2,7%), le dernier trimestre de 2008 marque néanmoins une remontée des effectifs de Rmistes, avec ou sans expérimentation du RSA.
Or, convient la CNAF, « une plus forte décroissance du nombre de bénéficiaires du RMI peut à la fois tenir à des sorties plus nombreuses (reprise d’emploi) et à des entrées moins importantes (conjoncture porteuse, maintien dans l’emploi).
Face à ces incertitudes, les auteurs de l’étude préconisent des comparaisons entre territoires expérimentaux présentant des « environnements parfaitement équivalents. » Un travail auquel s’attache le Comité national d’évaluation des expérimentations du RSA, qui doit rendre ses conclusions en mai.
Pour aller plus loin
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