Cet été la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) fêtera ses deux ans, l’occasion de réaliser un point d’étape sur la stratégie de prévention et de gestion des déchets médicamenteux, à l’échelle territoriale.
A l’heure où les pouvoirs publics encouragent la mise en œuvre concrète des principes de l’économie circulaire et que les régions doivent orienter leur plan de prévention des déchets en ce sens, où en sont les collectivités locales dans le traitement des médicaments non utilisés ?
Médicaments non utilisés et qualité de l’eau
Les médicaments non utilisés, produits à base de substances actives chimiques ou d’extraits de plantes, ne doivent pas se retrouver dans les déchets ménagers ou dans les eaux usées. D’abord, parce qu’ils peuvent représenter un risque d’intoxications au sein des foyers s’ils sont ingérés de manière accidentelle par des enfants ou des personnes âgées. De même, ils peuvent présenter des risques environnementaux, que nous devons impérativement minimiser.
Sur ce dernier point, la qualité de l’eau est aujourd’hui une préoccupation constante de nos citoyens et des collectivités locales. Il convient donc de ne pas négliger la spécificité de ces produits.
Mélangés à d’autres déchets ménagers, non différenciés, ceux-ci peuvent être malheureusement enfouis et polluer, à long terme, les nappes phréatiques. Le problème est d’autant plus important à traiter que le caractère toxique des résidus de médicaments pour l’environnement est encore insuffisamment connu.
De même, actuellement, aucun cadre ne fixe une obligation pour les distributeurs d’eau de mesurer les taux de présence médicamenteuse dans l’eau potable.
Un angle mort de la prévention
Si 80% de nos concitoyens déclarent rapporter les médicaments non utilisés en pharmacie (1), il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en matière de prévention environnementale et de sécurité sanitaire domestique.
En effet, les collectivités locales privilégient, à juste titre, la valorisation des déchets organiques, plastiques ou papier, au combien important au vu des volumes générés. Mais les médicaments non utilisés, constituent parfois un angle mort de la communication des collectivités locales à l’égard des administrés.
Pourtant, la filière de valorisation des médicaments a fait ses preuves ! En 2016, nous avons pu éclairer et chauffer l’équivalent de 7 000 logements et ce sans aucun coût financier pour les collectivités locales, puisque le dispositif est pris en charge par l’ensemble de la profession.
Chaque année plus de 176 000 tonnes de médicaments sont vendues dans les pharmacies d’officine. Le gisement national des médicaments non utilisés (MNU) dans les foyers ne s’élève qu’à 19 000 tonnes (2). Il est important de renforcer la mobilisation des collectivités locales auprès de leurs concitoyens.
Réduire les disparités régionales
Il est urgent de réduire les disparités régionales dans la récupération des médicaments non utilisés que nous constatons depuis des années. Tous les territoires ne sont pas aussi dynamiques dans la prévention et la récupération de médicaments non utilisés, notamment dans les milieux urbains dont l’Île-de-France et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Et cela n’est évidemment pas satisfaisant
Alors chères élues, chers élus, continuons de travailler ensemble dans vos collectivités pour préserver l’environnement et la sécurité domestique. N’oublions pas que les médicaments sont utiles, ne les rendons pas nuisibles !
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