Un petit mois avant son congrès, le 28 septembre 2017 à Orléans, l’association Régions de France entend se poser en interlocutrice incontournable de l’Etat. Lors d’une conférence de presse organisée ce 30 août juste avant la rentrée scolaire, elle a mis en avant son action dans le domaine de l’éducation et de la formation. Revue de détails.
La révolution tranquille des transports
C’est l’une des grandes nouveautés de la rentrée. Les régions assurent maintenant l’essentiel des trajets des écoliers, collégiens et lycéens. En vertu de la loi NOTRe, elles ont d’abord récupéré au 1er janvier 2017 le transport interurbain, qui représente 38 % des « voyages » des élèves. Et, surtout, au 1er septembre, tombe dans leur escarcelle le transport scolaire, auparavant placé sous l’égide des départements.
Une compétence qu’elles ont prise à bras-le-corps. Dans 76 départements, les régions pilotent cette politique. Seule, la région Auvergne/Rhône-Alpes a fait le choix de redéléguer intégralement les transports scolaires aux départements.
Cela n’empêche pas ses consoeurs de s’appuyer sur les antennes régionales de proximité et/ou sur les autorités organisatrices de proximité actuellement au nombre de 4 000 dans ce secteur. Au total, ce chantier est considérable, puisqu’il porte sur 3,7 milliards d’euros. Il a été compliqué ces dernières semaines par le retour de près d’un tiers des communes à la semaine de quatre jours dans les écoles. Un pourcentage qui a même atteint 65,5 % en Provence/Alpes-Côte d’Azur, 48,7% dans les Hauts-de-France et 40 % en Normandie.
Dans le Grand Est, où la proportion (33,7%) flirte avec la moyenne nationale, « organiser en quinze jours une refonte des ramassages scolaires », a illustré le patron de la région et de Régions de France Philippe Richert (LR).
Vers un lycée 4.0
Le numérique : telle est la priorité des priorités pour les régions qui ont en charge la construction, l’équipement et l’entretien des lycées. « Il ne s’agit pas juste de financer l’achat de tablettes. Cela ne peut se faire que dans un étroit partenariat avec l’Etat », a souhaité Philippe Richert.
Même son de cloche chez le numéro deux de Régions de France, le président PS de Centre/Val-de-Loire François Bonneau. « 50 % des dépenses d’équipement sont consacrés au numérique », a-t-il rappelé opportunément.
La prime à la formation professionnelle
Les régions le répètent sur tous les tons. Elles veulent définitivement et complètement prendre la main sur la formation professionnelle. Cela passe notamment par le transfert dans leur giron des CIO. « Il faut que des tuyaux disparaissent. Le rôle de Pôle Emploi doit s’inscrire dans notre responsabilité », a ainsi considéré François Bonneau.
Dans un document diffusé à la presse, Régions de France tire un bilan positif du plan de 500 000 formations supplémentaires mis en place par la majorité précédente. Cela a permis, dénombre-t-elle, de « réaliser 960 000 actions de formation dans les territoires en 2016, soit 324 000 de plus qu’en 2015 ». « 34 % des formations sont certifiantes et 14 % professionnalisantes. Le public touché est notamment celui des demandeurs d’emploi longue durée (21 %) », se félicite Régions de France.
Le test du transfert d’une part de la TVA
Le principe a été voté dans la loi de finances pour 2017. Mais le transfert d’une part de la TVA, annoncé en grande pompe lors du dernier congrès des régions par Manuel Valls, sera-t-il repris à son compte par le nouveau pouvoir dans le PLF 2018 ? Régions de France n’en est pas totalement certaine. Aussi montre-t-elle les dents.
« Sans ce pilier, la réforme des régions serait condamnée à l’échec », prévient, solennelle, l’association présidée par Philippe Richert. La question est, à ses yeux, plus que politique, presque philosophique. Derrière ce transfert, il s’agit de « reconnaître le statut particulier des régions en supprimant tout lien de dépendance via des dotations. »
Objectif également : sortir « du cadre des impôts locaux , souvent inégalitaires en réfléchissant sur un partage d’impôts ». Autant dire qu’Edouard Philippe sera attendu de pied ferme, le 28 septembre à Orléans. D’ici-là, le Gouvernement a d’ores et déjà accepté que soit reconduit le principe, initié sous la mandature précédente, d’une plateforme engageant l’Etat comme les régions.




