Toutes natures confondues, le taux d’absentéisme des agents titulaires a atteint 9,5% en 2016, selon l’observatoire sur les absences pour raison de santé des territoriaux, publié le 15 novembre par le courtier Sofaxis (1). C’est comme si, pour une collectivité de 100 agents, l’équivalent de 9,5 collaborateurs ne travaillaient pas de l’année. Ce taux d’absentéisme était de 9,3% en 2015. Il progresse donc toujours, mais à un rythme moins soutenu que les années précédentes.
« Il est très difficile de faire des comparaisons avec le secteur privé qui tiennent la route. En effet, la nature des métiers exercés et le décompte des absences sont souvent différents. La notion de secteur privé est trop vaste pour pouvoir faire des comparaisons », souligne Pierre Souchon, directeur de département ingénierie services de Sofaxis. Il explique cependant que, en termes d’accidents de travail sur les services de soins à la personne à domicile, à tailles d’employeurs équivalentes, une étude tend à montrer que les pathologies et les durées d’absence sont comparables entre le public et le privé.
Allongement de la durée des arrêts
Le nombre d’absences est stable : il y a eu 71 arrêts pour 100 agents en 2016 contre 72 arrêts un an plus tôt. De même, le nombre d’agents titulaires absents n’a pas évolué : il est toujours de 44 %. En fait, c’est l’allongement de la durée des arrêts qui est à l’origine de l’accroissement du taux d’absentéisme.
Sur 9 ans, la durée moyenne des arrêts pour maladie ordinaire a progressé de 20%, et ceux pour accidents du travail de 40%. « Les absences liées aux accidents du travail durent plus longtemps notamment sous l’effet des maladies professionnelles qui ont une part croissante. Les problèmes de retour à l’emploi et de reclassement sont également en cause », explique Pierre Souchon.
Taille des collectivités et âges des agents impactent les absences
Les agents de grandes collectivités sont plus souvent absents que ceux des petites. Cependant, leurs absences sont moins longues.
De même, les jeunes agents sont plus fréquemment absents mais pour beaucoup moins longtemps. Les agents plus âgés sont arrêtés beaucoup plus longtemps notamment à cause des accidents du travail (qui incluent les maladies professionnelles) mais aussi des longues maladies. Depuis 2007, la moyenne d’âge des territoriaux est passée de 44,2 à 46,7 ans, et, les plus de 40 ans représentent maintenant plus de la moitié des effectifs. Ce vieillissement des agents a forcément un impact à la hausse sur le taux d’absentéisme.
Le coût des absences toujours en hausse
Le coût direct de l’absentéisme par agent continue à progresser. Il était en moyenne de 2099 euros par agent titulaire employé par la collectivité en 2016 (charges patronales incluses), contre 2076 euros en 2015 et 1961 euros en 2014. Le coût moyen de la maladie ordinaire est de 1148 euros par agent contre 19 062 euros pour une maladie professionnelle et 65 424 euros pour les absences longue durée.
Le jour de carence : un impact financier limité
Pierre Souchon relève que « le jour de carence s’intéresse aux arrêts les plus nombreux mais ce n’est pas là qu’il y a les coûts directs les plus importants. Ils sont peu coûteux en indemnités journalières. » Les arrêts de un à sept jours en maladie ordinaire représentent presque 60% des absences. Cependant, en cumulé, ils ne représentent que peu de jour d’arrêt, et donc moins de 5% des coûts. A l’inverse, les arrêts de trois mois et plus sont peu fréquents (moins de 4% des absences) mais ils pèsent plus 43% au niveau de dépenses. Aussi l’impact d’une remise en place d’un jour de carence ne pourra être que limité sur le plan financier.
Des directions des ressources humaines pas toujours très outillées
- 36% des collectivités sondées déclarent suivre les données statistiques d’absences pour raison de santé au jour le jour dans une optique de prévention ou de contrôle, et 31% de manière approfondie pour la mise en place d’une politique de prévention adaptée (31 %).
- 58% des décideurs territoriaux déclarent avoir sensibilisé le management à la gestion des absences pour raison de santé, mais seulement 20 % ont mis en place des actions de sensibilisation à destination des agents.
- 52 % des collectivités affirment être dotées de dispositifs de maintien dans l’emploi. Pour les autres, seules 10 % envisagent d’en déployer prochainement.
Source : Enquête sur les enjeux RH de Sofaxis de juin 2017
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Notes
Note 01 Sofaxis a réalisé son étude sur 428 000 absences dans 18 400 collectivités. Retour au texte








