« Nous avons soumis ce document à un panel de 400 à 500 professionnels, afin d’être sûrs d’être en phase avec eux », fait valoir Didier Lesueur, directeur général adjoint de l’Odas.
D’où la présence des deux associations lors de la présentation du texte.
Le manifeste porte un certain nombre d’exigences et de propositions pour faire évoluer le cadre d’intervention et les pratiques des professionnels.
« L’idée fondamentale est d’affirmer que, malgré un contexte difficile, il existe des marges de manœuvre pour améliorer la protection de l’enfance », résume Didier Lesueur.
Comme le soulignent les trois partenaires, « cette dernière est encore essentiellement axée sur la prise en charge et le traitement de situations déjà dégradées, et non sur la prévention. »
Manque d’outils adaptés et de soutien des décideurs – Mais, au-delà de ce constat partagé, manquent les « outils adaptés » et le « soutien des décideurs politiques » pour faire bouger les choses.
« Il ne s’agit pas nécessairement d’augmenter les moyens budgétaires, déjà importants, puisque les départements consacrent 6 milliards d’euros à ce secteur (1), mais d’envisager une autre façon d’aborder le travail social, observe Didier Lesueur. Il nous semble nécessaire de le concevoir comme une « force de développement », plutôt que d’en privilégier la dimension administrative, de considérer que la protection de l’enfance n’est pas l’affaire de seuls spécialistes, mais de toute la société. »
Le manifeste plaide aussi pour une impulsion donnée à la « dimension stratégique du travail social », une « plus grande cohérence de la décision publique », un partage de la prise de risque professionnel, de meilleurs repères juridiques pour les travailleurs sociaux, le développement de l’observation des parcours, et l’amplification des partenariats.
Faut-il voir dans ce document une remise en cause de la loi du 5 mars 2007 ? « A titre personnel, je reste très prudent sur une telle question, répond Didier Lesueur. Cette loi est à la fois complexe et complète, et nous n’avons pas encore eu le temps d’en apprécier les effets. Il me semble qu’il serait dommage de casser la dynamique qu’elle porte. En revanche, il faut faire évoluer la manière dont on la pratique. »
Diffusion auprès des décideurs – Désormais, l’Odas, l’Ones et l’Anas comptent diffuser le manifeste auprès des décideurs nationaux et locaux. Objectifs : susciter des propositions concrètes et nourrir la préparation des prochaines Assises de la protection de l’enfance, envisagée pour la fin 2011 ou le début 2012.
Références
Manifeste des professionnels de la protection de l'enfance, janvier 2011




