La troisième édition de la semaine nationale des missions locales se déroulera cette année dans un contexte exceptionnel de réformes. « Nous entrons dans une ère de mutation et de transition. Les missions locales sont à la croisée de toutes les politiques publiques qu’elles soient portées par l’Etat, les régions, les départements ou les communes », convient Serge Kroichvili, délégué général de l’Union nationale des missions locales (UNML).
Le réseau des missions locales, qui accompagne les jeunes en prenant en compte la globalité des freins à leur accès à l’autonomie et à l’emploi, traverse de fait tous les travaux en cours, que ce soit les politiques inclusives dans l’emploi, avec le rapport Borello, la transformation des compétences avec le Plan d’investissement dans les compétences (PIC), la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, coordonnée par le délégué interministériel Olivier Noblecourt, ou encore les travaux sur les réfugiés… « Nous n’avons jamais autant été auditionnés et écoutés. Nous espérons que nous serons entendus ! », lance Serge Kroichvili.
Donner à voir ce que font les missions locales
C’est aussi l’objectif de cette semaine de découverte des missions locales qui a pour thème l’accompagnement des jeunes « Vers les métiers de demain ». Pour Serge Kroichvili, il est important de « rendre visible ce que fait le réseau dans les territoires, vis-à-vis des jeunes, mais aussi des partenaires institutionnels et opérationnels ».
Pour cela, il a été demandé aux 442 missions locales et à leurs 6924 lieux d’accueil, de prendre des initiatives sur cette thématique. Visites d’entreprises, comme à Bordeaux avec la présentation des métiers qui recrutent dans la Construction navale, organisation du « printemps de l’alternance » à Nantes Métropole, ou encore atelier de codage à la mission locale l’Aigle Mortagne (Orne), pour une initiation aux objets connectés… près de 700 événements seront organisés dans toute la France.
Faire mieux, plus vite
En décidant de cette thématique, l’UNML avait bien sûr en tête la mise en œuvre du PIC qui doit donner à une seconde chance dans l’accès à la formation et à la qualification à un million de jeunes d’ici à 2022. « Nous voulons démontrer que le réseau des missions locales est déjà en mouvement dans cette perspective de l’accompagnement des jeunes vers la formation et les nouveaux emplois, en cette période de transition notamment numérique et écologique. Nous avons des initiatives à partager pour faire avancer les choses, mieux et plus vite », insiste le délégué général de l’UNML.
Alors que les régions commencent à signer les premières conventions d’amorçage du PIC, les missions locales comptent bien être associées dans la définition des formations à privilégier pour les jeunes, « grâce à notre forte connaissance des jeunes, des territoires et des entreprises », ajoute Serge Kroichvili. De même, leur concours sera précieux pour repérer les plus vulnérables, les accompagner et les suivre dans leur parcours pour éviter les ruptures.
Les financement ont été multipliés par 2
La mise en œuvre des Emplois d’avenir et de la Garantie jeunes a exigé des missions locales de profondes mutations. « Nos conseillers sont passés d’une position de suivi du jeune à son accompagnement vers l’emploi puis dans l’entreprise, d’une dynamique individuelle à une dynamique collective, détaille le délégué général de l’UNML. En 2012, nous avions 176 millions de financements de l’Etat. En 2018, c’est 206 millions auxquels il convient de rajouter 160 millions au titre de la Garantie jeunes, qui a été sanctuarisée jusqu’en 2022. Connaissez-vous beaucoup de secteurs qui ont vu leurs financements doubler en 7 ans ? C’est bien parce que nous avons été au rendez-vous sur ces dispositifs », fait valoir Serge Kroichvili.
Du point de vue des collectivités territoriales, en revanche, le soutien n’est pas toujours garanti. « Souvent nous aimerions être accompagnés financièrement de manière plus importante. Nous regrettons que toutes les collectivités n’aient pas la même approche. Dans notre mission locale, si nous sommes passés de 80 à 105 agents, c’est uniquement grâce à l’Etat », déplore Jean-Raymond Lepinay, Vice-président de la mission locale de Haute Garonne, et ancien maire (PS) de Saint-Gaudens.
Des collectivités souvent plus craintives que l’Etat
Il admet néanmoins que la baisse des dotations et la nouvelle complexité dans l’exercice des compétences, avec une répartition des responsabilités, n’aident pas les collectivités à y voir clair sur l’accompagnement des jeunes. « La discussion que nous avons avec chaque partenaire dépend un peu de la façon dont il a réglé ce problème de compétence et d’investissement », concède-t-il.
Si l’efficacité des Missions locales a été reconnue par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) en 2016, puis par le Sénat en 2017, la question de la sécurisation de leur financement, véritable talon d’Achille du réseau comme l’ont montré les rapports successifs, reste encore à résoudre.
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