Le choix de Vitré ne doit rien au hasard : son député-maire (UMP), Pierre Méhaignerie, est le président de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale.
Le pays de Vitré-Porte de Bretagne, qui compte 101.000 habitants, 3 EPCI et 63 communes, est évidemment confronté à la question du vieillissement de sa population, dont près de 20% a plus de 60 ans, et 5,1% plus de 80 ans. Réalisée pour l’occasion, une enquête de terrain menée auprès de 156 personnes âgées du territoire a apporté des résultats intéressants sur les attentes de la population.
L’habitat adapté et regroupé fait consensus – Sans surprise, le maintien à domicile est plébiscité par plus de 93% des personnes interrogées. Et 67,3% des enquêtés souhaiteraient trouver une solution intermédiaire entre le domicile et l’établissement, comme l’habitat adapté et regroupé. « Nous menons actuellement une expérience de petits appartements en centre-bourg, bénéficiant d’une animation exercée par une professionnelle intervenant dans la maison de retraite voisine, et nous travaillons également à la création de maisons pluridisciplinaires de santé pour maintenir les médecins en milieu rural », précise Isabelle Le Callennec, conseillère municipale (UMP) de Vitré et conseillère générale. Cette approche semble bénéficier d’un réel consensus au delà des clivages partisans.
Piste de la prévoyance individuelle- Demeure la question cruciale du financement de la dépendance.
Sur ce point, Roselyne Bachelot ne ferme aucune porte: « Nous retenons un principe de responsabilité quant au financement. Le président de la République a très clairement énoncé qu’il refusait la voie du déficit et de l’endettement. Cela ne signifie pas, bien au contraire, que les pouvoirs publics se désengagent. Cette années 25 milliards d’euros seront ainsi mobilisés », a souligné la ministre en conclusion des débats, en évoquant également la piste de la prévoyance individuelle. « Pourquoi écarter d’emblée cette solution, retenue aujourd’hui par 5 millions de nos concitoyens ? » s’est elle interrogée.
Le débat est donc lancé, avec l’ambition de réfléchir, selon les mots de Roselyne Bachelot, à la prise en charge de la dépendance « dans » la société et non « par » la société.
Consultation dépendance, mode d’emploi
Le débat national sur la dépendance se fonde sur la participation citoyenne. Des groupes de travail ont été constitués, et 4 colloques interrégionaux seront organisés dans les prochains mois. Ils seront précédés de 26 débats en région, à l’image de celui de Vitré, afin de donner la parole aux acteurs de terrain et de partager des expériences locales.
Un site internet vient également d’être mis en ligne pour recueillir témoignages et initiatives : www.dependance.gouv.fr. Le débat devrait durer six mois et aboutir à l’été 2011.




