Ils dénoncent une logique purement comptable, sans études d’impact préalables, et des conséquences quant à la qualité du service rendu aux usagers.
« Il y a une polyvalence des agents, qui n’est pas gage d’efficacité, et qui ne garantit pas une bonne protection des citoyens consommateurs », s’est alarmé le représentant de la CFDT, évoquant le sort des agents des ex DDCCRF.
Absolument pas lisible pour les territoriaux – Alain Mazeau, représentant la Fédération nationale des agents des collectivités territoriales CFCT, a regretté le fait que les syndicats n’aient pas été associés en amont à la mise en place de la RGPP, « ce qui aurait pu permettre de clarifier le rôle de l’Etat dans les régions. Pour les fonctionnaires territoriaux, la RGPP n’est absolument pas lisible ».
On ne répond pas au vrai problème du service public : qu’est-ce que la proximité, quel est le territoire pertinent pour chaque service », s’est alarmé son collègue Yves Letourneux, de la CFDT Interco.
Difficultés dans les petites collectivités – Selon les syndicats, si les grandes collectivités ont pu se réorganiser, celles de moindre taille n’arriveraient pas à faire face à la disparition de l’ingénierie publique, et doivent désormais faire confiance aux entreprises privées puisque les ex DDE n’assurent plus le suivi des chantiers.
La quasi–disparition du contrôle de légalité opéré par les préfectures est également dénoncée et le partage de compétences Etat–collectivités ne serait pas toujours clarifié, notamment dans le domaine du social et de la santé.
Les syndicats s’interrogent aussi sur le pilotage régional, qui dépend du ministère de l’Intérieur, et non des services du Premier ministre, ce qui serait un véritable signe d’interministérialité.
Enfin, le coût de la réforme est mis en avant : le volet immobilier, qui a souvent consisté à vendre des immeubles appartenant à l’Etat pour ensuite payer des loyers ailleurs, est pointé, tout comme les investissements en matériel informatique inadapté et sous calibré.
Interrogés sur les points positifs de la RGPP, les syndicats n’ont apporté qu’une seule réponse : la réflexion sur les territoires pertinents d’action, restée inaboutie selon eux.
François Baroin, le ministre du Budget et de la fonction publique, entendu après les syndicats, a assuré que la RGPP « bénéficie d’un soutien politique très fort » et « repose sur une analyse approfondie, détaillée, des spécificités de chaque ministère ».
Une meilleure rémunération – Il a indiqué que le niveau de fonctionnaires devrait revenir en 2012 à celui de 1990 et a souligné que le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux permettait d’avancer vers « une meilleure rémunération ».
« Les objectifs d’économie, on les assume », a poursuivi le ministre. « Ce n’est pas la présence du nombre de fonctionnaires qui augmente la qualité des services publics ».




