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Déserts médicaux

Urgences : un député veut plus impliquer les généralistes dans la régulation

Publié le 24/05/2018 • Par Catherine Maisonneuve • dans : France

hopital
D.R.
Le député (LREM) Thomas Mesnier vient de remettre un rapport sur les soins dits non programmés qui préconise « la mise en place d’une régulation, non plus seulement de l’urgence vitale mais de la demande de santé, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 partout sur le territoire ».

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Une dizaine de jours seulement après la mise en cause du Samu dans le décès de la jeune Naomi Musenga, Thomas Mesnier, député (LREM) de Charente tire à son tour la sonnette d’alarme dans un rapport sur les soins dits non programmés qu’il a remis le 22 mai à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Les soins non programmés s’entendent comme nécessitant une réponse ou un avis médical dans un délai court (24 heures) mais ne relevant pas nécessairement des services d’urgence hospitaliers.

« Notre système de santé est arrivé à bout de souffle », note d’emblée l’ex-médecin du Samu d’Angoulême qui travaille sur le sujet depuis plusieurs mois. Le constat est sévère, mais pas nouveau : une part importante des demandes de soins non programmés « trouve une réponse insuffisante dans le système ambulatoire, ce qui contribue à la saturation des services d’urgences. »

Les raisons ? Elles sont multiples, connues depuis longtemps, mais s’aggravent du fait de l’insuffisance de la démographie médicale et de l’augmentation du temps médical consacré au suivi des maladies chroniques : alors que le « sans rendez-vous » était auparavant la norme en médecine de ville, il est progressivement devenu l’exception. Dans le même temps, le nombre de passages annuels dans les services d’urgence est en nette augmentation (7 millions en 1990, plus de 20 millions aujourd’hui), mais la proportion d’hospitalisations qui s’enclenche par ce biais a sensiblement décru (20% des passages ). Les cas graves représentent 10% des passages, dont 5% d’urgences dites « vitales ».

Des initiatives en ordre dispersé

Un certain nombre d’initiatives sont prises en ordre dispersé dans certains territoires pour pallier le décalage croissant entre une demande de soins non-programmés en hausse et une offre ambulatoire en voie de raréfaction :

  • des centres hospitaliers, eux-mêmes confrontés à la pénurie d’urgentistes, ont transformé leur service d’urgence en centres de soins non programmés ne fonctionnant que la journée ;
  • la majorité des 1 000 maisons de santé pluriprofessionnelles mutualisent leur capacité d’accueil de ce type de situations ;
  • les 2 000 centres de santé, qui emploient des personnels salariés, doivent, au nom de leur accord-cadre national, proposer des plages d’accueil des soins non-programmés ;
  • les hôpitaux locaux, essentiellement en zone rurale, qui associent à leur fonctionnement des médecins généralistes libéraux, accueillent des soins non programmés.

Le secteur. Si un tel effort de renfort et d’organisation « de ce service public confié aux médecins » n’était pas entrepris :

Il ne fait guère de doute que des initiatives privées à but lucratif, qui sélectionnent les patients, et dont on voit déjà l’émergence, se développeront de façon désorganisée avec le risque qu’elles encouragent une approche consumériste, ignorant les parcours de soins et la recherche d’un égal accès aux soins sur le territoire, et qu’elles contribuent au désengagement des professionnels de santé.

Le levier de l’ambulatoire

Thomas Mesnier insiste, « il est aujourd’hui nécessaire de proposer un cadre général, régulé et incitatif à la mise en place systématique, selon des modalités les plus proches possibles de la situation de chaque territoire de santé, sous l’égide des agences régionales de santé et des collectivités territoriales, d’un maillage suffisant pour une prise en charge adaptée de cette demande de soins non programmés ».

Son rapport fait 19 recommandations qui toutes s’appuient sur le levier de l’ambulatoire.

Il s’agit d’abord de « conforter les médecins généralistes dans leur rôle sur les soins non-programmés et les inciter à s’organiser entre eux à l’échelle d’un bassin de vie pour y répondre mieux », explique le député. Cette mission doit être confiée de façon prioritaire aux professionnels de santé de ville et des hôpitaux regroupés au sein des communautés des professionnelles territoriales de santé (CPTS), créées par la loi de santé de 2016. Selon la Direction générale de l’organisation des soins, il existe cependant seulement 180 à ce jour.

Partage de compétences

Pour mieux prendre en charge les soins non programmés, l’urgentiste considère par ailleurs que d’autres professionnels de santé (pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes par exemple) sont aussi capables de prendre en charge ces demandes. « Aujourd’hui, bien des demandes de soins non-programmés ne nécessitent pas d’avoir fait dix ans de médecine », dit-il.

Cette solution est possible grâce au développement des partages de compétences entre les médecins et les professionnels de santé, « tout en laissant le médecin traitant au centre du parcours de soins ». Le député plaide en faveur d’une meilleure coordination par le biais  de protocoles nationaux. Cela permettrait par exemple le développement « des visites des infirmières à domicile ou des consultations et actes réalisés par les pharmaciens et des kinésithérapeutes », écrit-il.

Le 15, unique numéro de santé

« La mise en place d’une régulation, non plus seulement de l’urgence vitale mais de la demande de santé, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 partout sur le territoire devient incontournable » estime le député qui préconise de supprimer tous les numéros d’urgence comme le 112, le 116 117, SOS médecin et faire du 15 (le numéro du Samu) le numéro unique de santé.

Pour lui,  il s’agit aussi de conforter les médecins généralistes dans leur rôle même  s’« ils en prennent déjà une grande part ». Il le dit avec force:

La prise en charge des soins non programmés est une mission essentielle, de service public, de la médecine générale. Un médecin n’est pas un cadre comme un autre, il a une responsabilité sociale envers la population de son territoire.

Les professionnels « sont d’accord sur le sujet », affirme-t-il : par téléphone on résoudra les deux tiers des demandes de soins non programmés. Mais généraliser cette régulation médicale suppose de mobiliser, en journée et en semaine, suffisamment de médecins généralistes pour traiter l’ensemble des appels de patients en besoin de soins non programmés n’ayant pu joindre leur médecin traitant, ou ne disposant pas de médecin traitant, et pouvoir leur indiquer, en fonction de leur situation, et de leur localisation, la réponse la plus pertinente.

Les médecins libéraux s’invitent dans le dossier Samu

No comment de la part des syndicats de médecins libéraux : pas un mot sur le rapport Mesnier dans leur communiqué commun pourtant daté du 22 mai ! (mais le sites d’informations médicales Egora titre « Travailler plus pour absorber les urgences : l’idée qui scandalise les généralistes ! » et Le Quotidien du médecin « Les médecins libéraux se méfient du retour des gardes obligatoires »…). Partageant « l’émotion de nos concitoyens à la suite du décès de Naomi Musenga à Strasbourg et de deux personnes âgées dans le service des urgences de l’hôpital de Tours », ils demandent à être reçus par Agnès Buzyn au nom du « rôle majeur » que les médecins de ville jouent dans la réponse aux demandes de soins non programmés.

Une participation qu’ils qualifient de «partie immergée de l’iceberg » :

  • Les médecins régulateurs libéraux gèrent 80% de ces appels sur les horaires de la permanence des soins ambulatoires en lien avec les centres 15 ;
  • Les médecins généralistes français réalisent 300 millions de consultations par an dont on peut considérer qu’un minimum de 10% concernent des patients nécessitant un examen médical dans la journée.

La ministre des Solidarités et de la Santé a, en effet, dit le 14 mai vouloir « tirer toutes les leçons des dysfonctionnements révélés par le décès de Mme Musenga » et attendre les propositions des organisations professionnelles et syndicales de médecins urgentistes d’ici le 1er juillet. Les médecins libéraux souhaitent s’inviter au débat.

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