Un petit robot, debout sur une table, montre à un groupe de personnes âgées des mouvements de gymnastique douce. Un autre, aux faux airs de Bibifoc, se laisse câliner par des patients atteints de la maladie d’Alzheimer qu’il permet d’apaiser. Une maison high-tech, équipée de chemins lumineux pour la nuit et de détecteurs de chute qui préviennent les proches en cas de souci… Ces exemples sont réels. Les outils existent et sont commercialisés. Ils donnent à la silver économie une image technologique qui lui colle à la peau comme le sparadrap du capitaine Haddock depuis la création officielle de la filière, en 2013.
Pourtant, cette image, si elle n’est pas fausse, est très incomplète. Car l’économie dédiée aux personnes aux cheveux argentés (« silver » en anglais) est avant tout une économie de services. Aide et soins à domicile sont au cœur de l’activité de nombreuses entreprises qui revendiquent leur appartenance à la filière. La nouvelle offre de La Poste – le passage, contre rémunération, de facteurs au domicile des personnes âgées isolées – fait ainsi partie d’une politique de développement misant sur la silver éco.
Un vivier d’emplois
Et même quand les robots s’invitent dans l’équation, ils ne viennent pas remplacer les humains. « Les robots vont réhumaniser les maisons de retraite », promet Patrick Correggio, directeur général de Medi’pep. Cette start-up veut installer dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) des robots qui se chargeront des « tâches répétitives » et que les aînés les plus autonomes peuvent réaliser eux-mêmes : prendre leur température, leur tension. « Ce temps gagné permettra aux équipes de passer de vrais moments d’échanges avec les résidents », assure celui qui a été pendant quinze ans directeur d’Ehpad.
En avril 2013, lorsque les ministres du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et des Personnes âgées et de l’autonomie, Michèle Delaunay, réunissent pour la première fois à Bercy les acteurs du secteur – qui faisaient de la silver éco comme Monsieur Jourdain de la prose -, ils mettent en avant les besoins en personnel, une manne de 300 000 emplois non délocalisables. La silver éco est alors présentée comme un véritable eldorado de la lutte contre le chômage, tout en assurant une vie meilleure aux seniors – 22,3 millions de personnes en 2050. Cinq ans plus tard, les avancées sont là, incontestables. Mais le potentiel de la silver éco est loin d’être utilisé à plein.
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